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Victime d’un amalgame médiatique, Agnès Soral tue le frère

Victime d’un amalgame médiatique, Agnès Soral tue le frère

17 janvier 2014 | PAR Céline Duverne

Propulsé sous les projecteurs médiatiques pour son soutien explicite à « l’humoriste » Dieudonné, l’essayiste Alain Soral est en passe de s’imposer comme le nouveau maître à penser de l’antisémitisme. Dans une interview exclusive confiée au Nouvel Observateur, sa sœur Agnès s’insurge contre l’association de son patronyme à l’idéologie d’extrême-droite… et prend une fois pour toutes ses distances à l’égard de son frère.

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La controverse Dieudonné est une aubaine pour Alain Soral, antisémite revendiqué. Depuis l’interdiction du spectacle de « l’humoriste », l’essayiste suisse n’a pas manqué de s’engouffrer dans la brèche ouverte par son compère : conférences et autres marques de soutien se font la part belle. Ce subit regain de notoriété n’est pas du goût de tous : « Mon frère Alain est prêt à tout pour devenir célèbre », assène Agnès Soral, sa cadette de deux ans. Rendue célèbre en 1983 pour son rôle dans le film Tchao Pantin, elle déplore l’incidence néfaste des frasques de son aîné sur son propre parcours.

Selon elle, les médias seraient les premiers en cause dans ce fâcheux amalgame : « Le nom ‘Soral’ est en train de devenir un adjectif qualificatif pour désigner la haine et une idéologie que je ne partage pas. Je ne peux pas l’accepter ! J’aimerais donc que […] les gens et les journalistes aient de la délicatesse et s’appliquent à systématiquement mettre le prénom d’Alain pour éviter l’amalgame qui m’est préjudiciable professionnellement et dans ma vie ». Cette nécessaire clarification intervient après l’accueil frileux réservé par le gouvernement vénézuélien au projet de documentaire-fiction sur lequel elle planche activement : « Suite à l’actualité intense de ces derniers jours concernant le soi-disant spectacle de Dieudonné et les propos engagés et négationnistes de ton frère Alain Soral, le gouvernement vénézuélien nous demande de justifier ta présence dans le film », précise son producteur français dans une lettre citée par l’actrice. « Symboliquement, on me tue », déplore-t-elle.

Agnès Soral revient brièvement sur ses relations houleuses avec son aîné. En 1991, l’essayiste encore méconnu troque son pseudonyme ABS contre le patronyme de sa sœur, lui-même nom d’emprunt. «  Il souffrait de ne pas être connu et m’a demandé de l’aider pour vendre ses premiers livres qui n’avaient, à l’époque, rien de subversif. J’étais connue, j’avais déjà un nom, il ne lui restait qu’à se faire un prénom », précise l’actrice. Cette interview lui fournit l’occasion de régler ses comptes, par média interposé, avec ce frère qu’elle ne côtoie plus depuis plusieurs années : « Je suis sortie de ma réserve car il déconne. Il divise le peuple de la communauté française. Ce n’est pas constructif et il fait du mal à la France. J’espère qu’il va se calmer. »

Alain Soral, très actif sur la scène médiatique, n’a pas encore réagi publiquement à ces propos. Affaire à suivre…

Visuels : © compte Facebook d’Agnès Soral.

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