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La base de données de l’errproject donne accès à 20.000 œuvres d’art spoliées aux Juifs de France

28 octobre 2010 | PAR Amelie Blaustein Niddam

Dès les lois de Nuremberg signées en 1935 en Allemagne, le régime nazi n’a eu de cesse de tenir en ennemies toutes œuvres culturelles « impures ». Cette lutte pris deux aspects. Le pillage des livres d’auteurs juifs ou communistes, tel Thomas Mann dont les ouvrages furent brulés à Berlin. Un deuxième champs d’action et celui de la spoliation. Meubles, peintures et objets furent volés aux Juifs avant même les premières déportations de 1941. Aujourd’hui, « l’errproject » offre l’accès à une base de données permettant de voir 20.000 objets spoliés.

En application d’une décision personnelle d’Hitler, les œuvres d’arts et documents historiques publics et privés situés dans les territoires occupés furent en effet recensés par les Allemands dès l’été 1940. Tous ces objets ne furent pas confisqués. Parmi ceux qui le furent, certains partirent directement en Allemagne, alors que d’autres étaient entreposés à Paris, au musée du Jeu de Paume, avant d’être transférés vers l’Allemagne. Une base de données permet aujourd’hui d’avoir accès à 20.000 œuvres spoliées en France.

L’ Einsatzstab Reichsleiter Rosenberg (ERR) était une force de lutte dirigée par  l’idéologue nazi Alfred Rosenberg. L’ERR était organisation nazie puissante dont le rôle était le pillage des oeuvres culturelles dans les pays occupés.

La base de données de l”errproject” rassemble, pour la première fois dans un moteur de recherche les titres et les références des objets volés par l’ERR . 20.000 objets pris aux français juifs et également belges sont détaillés. Les oeuvres sont signées Dali, Ernst ou encore Klimt.

La recherche s’effectue par objet ou par le nom du propriétaire à qui appartenait l’objet. Cette base de données ne rassemble qu’une infime partie de la masse d’objets spoliés pendant la Shoah. « On estime à 100 000 le nombre des tableaux, sculptures et objets d’art transférés en Allemagne par wagons entiers», explique Laurence Sigal-Klagsbald, directrice du Musée d’Art et d’Histoire du Judaïsme en 2006 au journal l’Express à l’occasion d’une exposition rassemblant près de 60 toiles.

http://www.errproject.org/jeudepaume/

Visuel: Michel Manzi, par Edgar Degas, vers 1889

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Amelie Blaustein Niddam
C'est après avoir étudié le management interculturel à Sciences-Po Aix-en-Provence, et obtenu le titre de Docteur en Histoire, qu'Amélie s'est engagée au service du spectacle vivant contemporain d'abord comme chargée de diffusion puis aujourd'hui comme journaliste ( carte de presse 116715) et rédactrice en chef adjointe auprès de Toute La Culture. Son terrain de jeu est centré sur le théâtre, la danse et la performance. [email protected]

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