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NON à l’Homophobie et la Transphobie 365 jours par an

NON à l’Homophobie et la Transphobie 365 jours par an

18 mai 2011 | PAR Bérénice Clerc

 

 

 

L’homophobie et la Transphobie doivent se combattre tous les jours de l’année. Hier, 17 mai 2011, était la journée nationale contre l’Homophobie et la Transphobie. Quelles sont les réalités de ces discriminations ? Comment peuvent-elles encore exister en 2011 ?


Nous pourrions croire qu’il est simple d’être homosexuel de nos jours, que la population est de plus en plus tolérante et que chacun est libre de vivre ses amours avec liberté. Nous pourrions penser qu’une personne trans est libre de vivre heureuse et de mener sa vie comme bon lui semble sans être confrontée au jugement des autres. Il n’en est rien, les personnes trans n’on même pas une journée exclusive pour parler d’elles, lever les tabous ou les ignorances afin de supprimer les discriminations et les homosexuels sont encore victimes de leur soi-disant différences.

Le principe de la journée nationale pour une cause est-il la bonne solution ? Le sida, les femmes, les homosexuels n’existent-ils pas toute l’année ? La transmission de la tolérance ne doit-elle pas se faire dès le plus jeune âge ? L’accès à la culture et au respect de chacun n’est-il pas un des devoirs de l’éducation nationale ? Les enfants n’ont pas de tabous, ils les glanent avec les années, les non-dits ou les discours emprunts de violence, de méchanceté et d’ignorance. Pourquoi Luc Chatel ministre de l’éducation a fait interdire la diffusion du « Baiser de la Lune », un film d’animation pour les classes de CM1/CM2 traitant de l’amour entre deux poissons du même sexe ? Christine Boutin avait même fait une lettre à Luc Chatel pour faire interdire la diffusion de ce film dans les écoles primaires. Selon monsieur Chatel, les enfants sont trop jeunes pour entendre parler d’homosexualité. Luc Chatel confond sans doute la sexualité et l’amour, car un enfant dès le plus jeune âge peut-être attiré par un autre enfant du même sexe, éprouver des sentiments, souffrir de ne pas pouvoir en parler ou les assumer par exemple. Sous prétexte de protection, nous laissons les enfants dans l’ignorance et oublions qu’ils sont les adultes de demain.

 

Comment est-il possible d’entendre encore aujourd’hui dans une cours de récréation, un entrainement de sport ou une rue, un enfant, un jeune, un adulte insulter ou interpeler un autre avec des mots comme  « pédé », « tapette » et autre « Encu… » ? Le plus souvent ces mots sont utilisés par ignorance, dénaturé de leur sens premier, mais l’éducation doit servir à apprendre le sens des mots et leur usage. Trop de jeunes se suicident encore à cause de ces quolibets rentrés dans le langage courant, de pression familiale ou sociale et de phrases entendues trop souvent. Quel enfant sait ce qu’est une personne transsexuelle ? Peu d’adultes hélas on accès à ce savoir, les médias restent dans les clichés d’un avant/après, homme/femme, femme/homme où la sexualité est au centre de tout et la perversion proche dans un non respect total de l’humain. Les transsexuels sont encore victimes de la toute puissance des médecins, ils n’ont aucun droit et doivent souvent trouver beaucoup d’argent pour espérer des opérations correctes,respectueuses et un suivi privé digne d’un humain.

Le changement d’état civil n’est possible qu’en cas de stérilisation et les procédures de réappropriation sont extrêmement longues et semées d’embuches. Pour mieux comprendre les souffrances quotidiennes et les difficultés sociales, lisez l’interview de deux transboys Giovan et Bradley.
Hélène Hazera, femme à l’intelligence extrême, productrice sur France Culture, journaliste, spécialiste de la chanson a accepté de témoigner dans le reportage de Serge Moati, elle explique ici qu’une fois de plus, la déception est au rendez-vous et que les médias fuient les sujets comme la transexualité ou les rendent graveleux et pervers.
Quelle est la part d’inné et d’acquis dans notre genre ? Dès la naissance d’un enfant la layette est rose pour les filles, bleue pour les garçons, ensuite les magasins de jouets sont séparés en deux, un côté fille, un côté garçon. Peu de parents vont avoir l’idée d’offrir une poupée à un garçon et un bateau pirate à une fillette…Les questions ne sont jamais les mêmes pour une petite fille ou un petit garçon, il en est de même pour les habits et hélas trop souvent pour les choix éducatifs.
Choisit-on d’être trans ? Ce qu’un trans a dans sa culotte ou sa vie sexuelle, nous regardent-t-ils ?  Peut-on commander le désir amoureux pour un être du même sexe ? Nous sommes tous fait de différences, nos droits et nos devoirs sont les mêmes, pourquoi ne pas regarder l’humain en face au lieu de chercher à quelle minorité il appartient ?

 

Quand la journée contre l’homophobie et la transphobie disparaitra-t- elle pour laisser place à la tolérance quotidienne et le partage culturel ?

Quand les homosexuels auront-ils les même droits que les hétérosexuels ? Quand les homosexuels pourront-ils adopter ou suivre des programme de PMA sans se ruiner et traverser les frontières pour aller en Belgique, Espagne ou Grêce par exemple pour fonder leur famille comme tout couple équilibré désireux de construire l’avenir ?

Quand les homoparents auront-ils des droits et une autorité parentale partagée? Quand les trans pourront-ils disposer de leur corps et avoir des droits ?

La France doit rattraper son retard et mettre les politiciens face à leur responsabilité comme le prône avec justesse Hélène Mandroux. Trop de personnes homosexuelles ou trans sont encore victimes de violences verbales ou physiques. La discrimination existe encore, alors toute l’année et en toutes circonstances avec les petits et les grands dites NON à l’Homophobie et à la Transphobie !


un slam engagé contre l’homophobie ! Lester Bilal, poète urbain, noir et hétérosexuel, nous offre à travers ce single une œuvre empreinte d’humanité, un véritable hymne pour l’acceptation de l’autre. Rejoignez la danse

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Bérénice Clerc
Comédienne, cantatrice et auteure des « Recettes Beauté » (YB ÉDITIONS), spécialisée en art contemporain, chanson française et musique classique.

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