Jeux
[Escape Game] Le Patient de la chambre 8

[Escape Game] Le Patient de la chambre 8

01 avril 2017 | PAR Mathias Daval

Edmond Epsilon est un médecin aux pratiques un peu trop hétérodoxes. Lorsque son patient de la chambre 8 disparaît de la clinique Sinople sans laisser de traces, on se dit qu’il y est un peu pour quelque chose… Flashback en 1992 pour cette Escape Room dans une ambiance psychiatrique.

Lorsqu’on arrive au 137 bd de Sébastopol, au siège d’Epsilon Escape, on est frappé par la taille du lobby et son décor rétro chic qui en met plein la vue. Classe. Le scénario de leur unique Escape Room (pour l’instant, une 2e est en préparation) est simple, mais efficace : retrouver les indices laissés par le docteur Epsilon et, chaque joueur incarnant à sa manière le patient disparu, s’enfuir de la clinique. Et tout cela en temps réel, puisque l’heure indiquée au compteur correspond à celle du scénario ! Une originalité importante, même si pas décisive : l’aventure dure 70 min au lieu des 60 habituelles. Un petit plus qui se retrouve toutefois dans le prix légèrement plus élevé de la Room.

Contrairement à d’autres Escape, franchises d’aventures développées à l’international, « Le Patient de la chambre 8 » est une création 100% made in france. On sent le souci porté aux détails du décor ainsi qu’aux énigmes. Celles-ci sont le gros point fort du jeu : éclectiques, à la fois visuelles, sensorielles et associatives, elles sont d’un très bon niveau de difficulté (nous conseillons d’effectuer la room à 4 ou 5 joueurs, même si elle est parfaitement faisable à 3). Leur rythme est bien pensé, avec un début d’aventure plutôt lent et une multiplication de faisceaux d’indices par la suite à partir de la 2e pièce. La progression est plutôt linéaire, mais on soulignera la qualité de l’adéquation entre les énigmes, la fouille, et le storytelling ; ce qui est loin d’être tout le temps le cas, car beaucoup d’Escape Rooms proposent des challenges quelque peu artificiels au regard du thème annoncé. On ne dévoilera pas le cœur du dispositif, mais deux ou trois manipulations sont vraiment originales et vous ne les retrouverez pas dans d’autres aventures.

Au final, notre équipe aura réussi à sortir in extremis, mais avec un gros blocage dans l’énigme de fin, qui est notre seul regret : non pas tant la frustration d’avoir pataugé (ça fait partie du jeu !) que d’être confronté à une énigme un peu lourdingue pour laquelle, en cas d’erreur, on doit attendre un temps de « réinitialisation » ; voilà qui ne contribue pas à un gameplay très agréable, même si on comprend l’intérêt en termes de tension temporelle. Malgré cette réserve finale, on conseille vivement cette Escape bien léchée, offrant un véritable challenge ludique, et qui tient parfaitement ses promesses à la fois pour joueurs débutants comme confirmés.

Notre note : [rating=4]

« Le Patient de la chambre 8 », Epsilon Escape.
137, boulevard de Sébastopol, Paris 2e (métro Strasbourg-St-Denis).
Tél : 01 44 82 94 21
135 € pour 3-5 joueurs.

[Bordeaux] Le « somniculus » d’Ali Cherri réveille les musées vides, au CAPC
[Bordeaux] « Bistrot! », retour sur deux siècles de peintures de comptoir à la Cité du Vin
Mathias Daval
Journaliste culturel et ludique, membre de la fédération nationale des critiques de la presse française, il est également game designer et éditeur.

Publier un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *