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[Escape Game] « Il était une pièce » : Alice au pays des méninges

[Escape Game] « Il était une pièce » : Alice au pays des méninges

16 avril 2017 | PAR Mathias Daval

[en collaboration avec Louis-Patrick Bergot]

Avec « Il était une pièce », l’équipe de La Pièce, située dans le 10e arrondissement de Paris, a réinventé le bureau de Lewis Carroll, l’auteur d’Alice au pays des merveilles. La « pièce » en question est évidemment truffée d’énigmes, qu’il vous faudra résoudre pour espérer sortir en moins d’une heure de l’ambiance décadente de la fin du XIXe siècle…

Nichée près du métro Strasbourg – Saint-Denis, La Pièce nous offre le café à notre arrivée, ainsi que la possibilité d’être enfermé – pourquoi pas – dans l’une de leurs « pièces » pendant 60 minutes. C’est ainsi avec la curiosité, la stupeur et l’ingénuité d’Alice que nous pénétrons dans l’Escape Room intitulée « Il était une pièce » : sous ce nom mystérieux se cache en réalité le bureau secret de Lewis Carroll, le père spirituel de l’héroïne célèbre. Une fois la porte refermée, nous sommes conviés à retourner un sablier afin que l’heure de jeu puisse commencer. Pour sortir de ce bureau, il nous faudra résoudre une ribambelle d’énigmes, plus ou moins retorses, tandis qu’au fil de l’heure, des bruits de gong scanderont le temps qui passe.

À l’intérieur, nous sommes immédiatement frappés par le soin apporté à la décoration. Nous voilà immergés dans un bureau pittoresque, laissé à l’abandon, au charme rétro et suranné. L’ameublement et la décoration de cet intérieur bourgeois ont été habilement conçus pour permettre au mieux l’immersion des joueurs. Vous retrouverez ainsi la panoplie de meubles, d’accessoires et d’objets qu’on s’attend à trouver chez tout homme de lettres de la fin du XIXe siècle.

Cette profusion décorative est propice à une part non négligeable de fouille, d’observation et de manipulation, qui ravira les indiscrets. Les énigmes proposées sont de difficulté moyenne et solliciteront votre logique, votre sens de l’observation et votre mémoire. Sans trop vous en dire sur le déroulement du jeu, sachez cependant que celui-ci est prodigue en clés, en serrures et en cadenas. Ces éléments, traditionnels dans un Escape Game, sont ici présents en grand nombre. Les amateurs seront aux anges, mais les autres se sentiront peut-être submergés par une telle profusion.

Si les énigmes supposent au début une bonne répartition des tâches, le jeu devient par la suite plus linéaire, permettant de faire réfléchir les membres de l’équipe sur les dernières énigmes. À la toute fin du jeu, nous avons ainsi été réunis autour d’une même énigme, qui fit sensiblement  monter l’adrénaline en chacun de nous. Ce n’est que dans la dernière minute que nous avons fini par trouver le fin mot de cette histoire. Cette victoire in extremis confirme la très bonne gestion du game master et des concepteurs du jeu, qui ont su nous faire joyeusement galérer sans pour autant nous égarer dans cet entrelacs d’illusions.

Nous vous conseillons donc vivement cet « Il était une pièce » : le charme désuet de sa décoration et la délicate ingéniosité de ses énigmes en font une Escape Room équilibrée, qui enchantera, une heure durant, votre âme d’enfant, sinon votre penchant pour la décadence littéraire d’un XIXe siècle finissant.

Notre note : [rating=4]

« Il était une pièce », de 3-5 joueurs.
3 rue de Metz, Paris 10e
A partir de 25 €/joueur.

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Mathias Daval
Journaliste culturel et ludique, membre de la fédération nationale des critiques de la presse française, il est également game designer et éditeur.

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