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[Interview] Rencontre avec Ceizer, le designer de la nouvelle bouteille Coca Cola x PSG

[Interview] Rencontre avec Ceizer, le designer de la nouvelle bouteille Coca Cola x PSG

01 novembre 2015 | PAR Yaël Hirsch

Pour fêter ses 45 ans, le célèbre club de foot a sa propre bouteille de Coca-Cola. Pour dessiner cette bouteille culte, en vente aux boutiques du PSG, chez Colette et aux Galeries Lafayette, Coca et le Paris-Saint-Germain ont fait appel à l’artiste et typographe Ceizer. Entretien avec cet amoureux des lettres et de leurs formes, qui puise son inspiration aux sources de l’esprit des skaters.

Votre art se concentre sur la forme des lettres. Quelle est la différence entre l’art, le graphisme et la typographie?
Ce n’est pas à moi de créer une distinction ou une classification. Mon travail est basé principalement sur les lettres, sur des formes et des phrases inspirées par l’alphabet. Pour moi, c’est un outil pour communiquer mes idées, de l’énergie et de l’émotion. Si c’est sur toile, les gens peuvent l’appeler street art, si c’est sur un t-shirt, ils parleront de streetwear ou de mode. En un certain sens, le media est le message. Chaque media apporte de nouvelles frontières et de nouveaux challenges. Mais tout ceci n’est pas important : ce qui compte c’est qu’il s’agisse d’une forme d’expression et, espérons-le, d’une petite pierre pour aider à créer un monde meilleur.

Vous êtes hollandais et avez vécu à Amsterdam. Qu’est-ce qui vous inspire dans cette ville?
J’ai grandi à Amsterdam et j’ai passé la plus grande partie de ma jeunesse à faire du skate. La culture du skateboard a toujours été pleine de rébellion, d’indépendance, de créativité et de fun. C’est là que j’ai puisé mon esprit. Et ma première inspiration vient des gens avec qui j’ai passé du temps : des skaters, des grapheurs et des marques de skate comme World Industries, Menace, Fresj Jives.
Après, j’ai étudié la typographie et le design à l’Académie Royale des Arts à La Haye, où j’en ai appris plus sur l’art traditionnel de la typographie. Je vis à Paris depuis deux ans et, depuis, j’ai commencé à mélanger toutes mes inspirations avec des éléments classiques de typographie parisienne.

Vous avez appelé votre typographie, le « Typofunk ». Que voulez-vous dire par là?
J’ai fait trois expositions « Typofunk » il y a dix ans, car elles étaient inspirées par la musique Funk. par l’esprit frais et fun des années 1970 et du début des années 1980. Je faisais de la musique visuelle, ou du moins, c’est ce que j’essayais de faire. Mais aujourd’hui je n’utilise plus le terme, parce que mon travail a évolué. Il n’est plus nécessairement lié à la musique, mais il est plus un reflet de mes pensées et de mon énergie.

Les Parisiens ont pu vous voir créer en « live », lors d’une soirée Grant (voir notre article) à laquelle nous avons assisté. Est-ce que la performance fait partie de votre art?
Je ne le vois pas comme de la performance. Ce n’est pas un acte, c’est juste ce que je fais. mais quand c’est en « live » les gens me regardent quand je le fais. C’est cool de se connecter ainsi avec les spectateurs et leur apporter quelque chose dans l’immédiat. Je pense que connecter avec les gens, partager des idées et des émotions est le plus important. C’est pour cela que le live-painting peut être bien plus fun que de travailler dans un studio.

Pouvez-vous nous dire comment vous avez fondé votre studio et comment il marche?
J’ai continué à travailler, et étant de plus en plus occupé, j’ai demandé à deux amis de m’aider. Je fais tout le design et mes deux amis s’occupent du site web, des envois de la ligne de vêtements ou des œuvres…

Quand vous travaillez avec des grandes marques comme Grant’s ou Coca-cola et PSG? comment considérez-vous votre travail?
Quand je travaille pour une marque ou une firme, j’ai envie de traduire leur esprit en art. Parfois aussi, j’y ajoute des choses qui d’après-moi leur manquent. Mais en fait, je ne vois pas de différence dans l’approche quand je travaille avec eux ou seul : je reste toujours fidèle à mon âme. Toute collaboration me fait me sentir bien et me connecte à tout ce que je soutiens. Grant était, je crois, mon premier grand travail. C’était formidable de créer un packaging pour eux. J’ai travaillé avec Coca Cola avant, mais c’est la première fois que j’ai ma propre bouteille. C’était un honneur d’être impliqué dans un projet avec le PSG et Coca Cola. ca m’a donné l’impression d’être désormais accepté parmi les « locaux », à Paris.

A Paris, on peut voir votre travail et la collaboration PSG-Coca Cola chez Colette. Ya -t-il d’autre lieux où vous êtes autant invité?
J’ai fait plein de projets avec Colette et je trouve que c’est la magasin le plus génial de la planète. A côté j’ai travaillé avec d’autre boutiques de luxe comme le Bon marché ou alors en Asie, notamment à Tokyo, chez Edifice, Abahouse ou Bonjour Records. J’ai aussi été invité à à Hong Kong chez ), I.T Hysan One ou en Chine (Bejing/Shanghai) chez Coterie.

visuels (c) Ceizer

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Yaël Hirsch
Co-responsable de la rédaction, Yaël est journaliste (carte de presse n° 116976), docteure en sciences-politiques, chargée de cours à Sciences-Po Paris dont elle est diplômée et titulaire d’un DEA en littérature comparée à la Sorbonne. Elle écrit dans toutes les rubriques, avec un fort accent sur les livres et les expositions. Contact : [email protected]

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