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Didu nous emporte vers The Last Dance of Life – PFW

Didu nous emporte vers The Last Dance of Life – PFW

06 octobre 2021 | PAR Camille Bois Martin

Inscrite pour la première fois dans le calendrier officiel de la Paris Fashion week, la maison Didu récemment fondée en 2019 a présenté sa collection printemps-été 2022 au Palais de Tokyo mercredi 29 septembre dernier. Dans une atmosphère post-apocalyptique, des mannequins se déploient autour d’un rocher artificiel, dernier témoignage d’une Nature oubliée.

Les vêtements de cette collection font face au réchauffement climatique auquel notre société refuse de se confronter : comment survivre à des températures extrêmes ? À un ouragan ? À un tsunami ? Si Di Du ne prétend pas apporter la solution à la cause environnementale, elle propose en tout cas des vêtements dont les cut-outs font de la peau une matière à part entière. Elle propose aussi des robes en textile de maillot de bain : si une tempête frappe, être habillé en Didu garantit un séchage optimale. 

La femme Didu est ahead of times, dans un futur où sa créatrice dessine une nouvelle élégance : structure et couture ne sont plus des limites à la confection du vêtement mais accompagnent le corps et ses mouvements, en développent les possibilités. Les tissus sont légers, les silhouettes sont coupées, ouvertes ; une jupe rouge dont le drapé nous rappelle celui des statues grecques côtoie un haut déstructuré, dont les  rares morceaux géométrisés de tissu noir dévoilent la peau du mannequin, élément structurant du vêtement. Comme Di Du l’écrit dans son communiqué de presse, sa collection cherche à « souligner ce qui doit être vu, et cacher ce qui ne doit pas l’être.« 

La vidéo de présentation de la collection imagine La dernière danse de la Vie (The Last Dance of Life), une dernière connexion à la Nature qui ne sera peut-être plus être possible d’ici quelques années ; la maison Didu projette un futur qui pourrait ne jamais advenir si le réchauffement climatique n’est pas endigué. Dans un univers sombre aux couleurs chaudes, les mannequins se meuvent dans une métropole que l’humanité semble avoir déserté. D’ailleurs, ces mêmes mannequins ne sont pas toutes humaines : si on peut reconnaitre la célèbre chanteuse Grimes, le reste du casting est troublant. Est-ce un visage de synthèse ? Est-ce une humaine ? Est-ce notre monde ? 

« The disaster is coming for you – again. » Di Du

Dans cet univers intriguant et envoûtant, le vêtement reste le seul élément reconnaissable, voire rassurant : il révèle la peau des mannequins et nous rappelle à leur aspect humain. Aussi, les couleurs choisies par Didu pour cette collection transcendent l’obscurité de la vidéo, et du showroom de présentation : le rouge d’une robe superposé sur un bas moulant violet, le vert d’une jupe, les variations de bleu d’un ensemble… Les coupes habillent des corps qu’ils révèlent plus qu’ils n’enveloppent.  

Pour cette collection printemps-été 2022, Didu propose également pour la première fois des accessoires, discrets mais qui complètent les silhouettes. Une casquette est surmontée d’une serviette qui semble enroulée autour d’une tête (trop) haute. Des petits serpent ou dragons dorés s’enroulent autour des cous et des poignets, en rose, en jaune ou en violet. Des broches au logo de la maison s’accrochent aux vêtements et inaugurent l’ère Didu, présagée dans la vidéo de présentation qui tourne en boucle sur le côté.

*Di Du est diplômée du Beijing Institute Of Fashion Technology depuis 2013 et de l’Académie royale des beaux-arts d’Anvers depuis 2018. Basée à Shangai (Chine), d’où elle est originaire, elle traduit dans les collections de sa maison éponyme sa passion pour l’art et le futur. Elle développe une mode où elle travaille particulièrement les couleurs et les textures des vêtements pour créer une silhouette puissante.

Visuels : Camille Bois–Martin, Palais de Tokyo, Paris, 29 septembre 2021

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Camille Bois Martin
Étudiante en Master de Journalisme Culturel (Sorbonne Nouvelle)

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