Tendances

Edition sans pistons

11 mai 2009 | PAR Jeremy

De la difficulté d’éditer sur papier à la diffusion des œuvres sur internet

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On peut désormais lire Flaubert sur internet. Pleurons nos pauvres romans, empilés chez un quelconque bouquiniste, dont le papier âcre jauni à mesure du temps. Le temps des flâneurs littéraires est révolu. Un dernier sondage informait que 35% des français n’avaient lu qu’entre un et cinq livres ces douze derniers mois. Le temps du livre papier arrive-t-il à son terme, si bien qu’il faille inventer un nouveau modèle d’édition littéraire ? D’aucuns ont d’ailleurs essayé de publier leur roman sur internet ou du moins de s’y faire un nom, tant le monde de l’édition leur apparaît inaccessible.

L’histoire du coréen Hwang Sok-Yong, 66 ans, est emblématique de cette difficulté d’éditer et de la possible reconnaissance d’internet. Après avoir lutté pour la démocratie et s’être battu ardemment pour défendre ses idées, il est devenu célèbre par son livre « L’Etoile du berger », d’abord publié sous forme de feuilleton sur internet avant d’être publié sur papier. D’autres, comme Seb Musset, expliquent qu’après avoir subi le refus des maisons d’édition, il a décidé de publier ses livres autrement, toujours sur papier. Disponible aussi sur internet, les ventes de ses deux titres sont aussi nombreuses pour l’édition papier que pour celle de la toile. Internet équipant plus d’un foyer sur deux en France, le marché qui s’ouvre à la littérature paraît donc inégalé et offre de nouvelles perspectives aux écrivains de cette génération internet. Tant pour la promotion que pour la vente, l’édition s’en est déjà emparée. Mais est-ce pour autant synonyme de démocratisation de la culture et de meilleure diffusion des talents ?

Internet, nouvelle source de talent ?

Eric Naulleau, directeur de l’Esprit des péninsules explique qu’Internet peut découvrir de nouveaux talents, mais ne les provoque pas. Les maisons d’éditions reçoivent de nombreux manuscrits, beaucoup sont mauvais et n’obtiennent pas publication. En quoi Internet pourrait-il changer les choses, dans le sens où les écrivains sont libres d’envoyer leurs épreuves ? Le problème ne viendrait donc pas de l’édition, mais des écrivains, dont le talent est trop souvent rare au goût des éditeurs. «En février 1991, j’avais consacré un ouvrage à la profession d’Ecrivain Public. Parce que j’avais le sentiment qu’elle était arrivée au terme de sa route et qu’il fallait absolument s’adapter à une nouvelle donne et à l’émergence du tout numérique. », écrit Louis Petriac sur son blog. Mais cette adaptation à l’ère du « tout-numérique » consacrerait la mort des livres papiers au profit des nouvelles technologies tels l’eBook. Et cela aurait un impact réduit sur la découverte de nouveaux talents, qui selon les éditeurs parviendraient à éditer leurs manuscrits avec ou sans internet. Rassurons-nous, la disparition du chère objet de papier qui trône fièrement sur notre table de chevet, ou s’oublie au fond d’un sac ne semble pas entamée.

Jérémy Collado

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Jeremy

3 thoughts on “Edition sans pistons”

Commentaire(s)

  • Je ne pense pas, pour ma part que la lecture sur livre papier soit révolue: la preuve ;je continue à lire et à faire lire à mes étudiants les romans qui paraîssent sur internet dans les bibliothèques de ma ville.

    mai 12, 2009 at 14 h 12 min
  • Dommage que vous n’ayez rapporté qu’une partie de mes propos. Je précise donc ici que parce qu’il fallait s’adapter à l’émergence du tout numérique, j’avais cessé de promouvoir mes premières activités d’écrivain public. Ce qui ne veut en aucun cas dire que je pense que les versions papier des ouvrages sont arrivées au bout de leur course et que je vais privilégier l’e-book. Bien au contraire et l’éditeur que je suis devenu vient d’ailleurs de publier deux ouvrages consacrés à l’un des groupes mythiques de la Chanson française.

    juillet 3, 2009 at 16 h 41 min

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