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[Live-report] Le « superclub » d’Haiku investit le Cinéma Paradiso de Mk2 au Grand Palais

[Live-report] Le « superclub » d’Haiku investit le Cinéma Paradiso de Mk2 au Grand Palais

20 juin 2015 | PAR Yaël Hirsch

Alors que du 16 au 26 juin, les tréteaux et les casques du Cinéma Paradiso installés par Mk2 sont de retour sous la nef du Grand Palais. Une fois les séances terminées, le super club prend presque tous les soirs le relais, sous la coupole exactement. Ce 19 juin, c’était l’élégante et minimale soirée HAÏKU qui était en place. Un moment à la fois voluptueux, electro et pointu. Live-report des premières heures.

A 23h30 dans l’air rafraîchi de ce vendredi de toute fin de printemps, l’ambiance est légère et pétillante. A l’extérieur du Grand palais, deux grandes entrées sont organisées pour permettre aux mélomanes qui rejoignent le « Paradiso » après le dîner de circuler assez librement. Luxe de l’espace, donc, en 1900 comme de nos jours. Les projections ont pris un peu de retard et l’on attend le feu vert des autorités pour entrer dans la nef, le tout dans une bonne humeur communicative. Lorsqu’on entre, Tom Cruise est encore en train de négocier sur très très gros écrans les dernières minutes de Top Gun dans un silence assourdissant pour nous : les spectateurs ont de grands casques rouges sur les oreilles et sont très studieux, puisque dans le grand périmètre du lieu, les bars et restaurants centraux se font très discrets.

Petit à petit, les clubbeurs affluent sous la nef. Ils ont plutôt trente ans, mois jeunes que ce que l’on pouvait attendre à un tel événement. Une coupe design en plastique blanc à la main, nous nous avançons vers eux, se sentant comme marcher sur du coton. Un son electro minimal et doux s’élève au « Superclub », joliment posé sous la nef et signalé par d’élégants néons. Les soirées Haïku soignant leurs designs, des colonnes longues et légères fonctionnent un peu comme les grandes eaux de versailles, mais dans un style néon très fin seventies. Heureux, à l’aise, barbu, le berlinois Oskar Offermann offre aux clubbeurs poli un son racé, léger, qui fait l’effet d’une rosée d’eau fraîche au cœur de l’été. On sautille doucement sur ses jambes, on se rapproche les uns des autres au cœur de la piste et, à mesure que des rythmes plus tribaux viennent émailler le filet « chill » et acidulé de l’electronica, l’on se met vraiment à danser.

Munies d’un bracelet doré, malgré les accidents de la veille (un couple a fait une chute de six mètres), nous nous risquons sur l’estrade qui surplombe cet immense dancefloor. A l’étage nous succédons apparemment aux VIP de la soirée Chanel et sommes souvent déplacés et très gentiment surveillés par des vigiles sur le qui-vive, qu nous laissent tout de même nous enfoncer dans de confortables canapés de cuir pour regarder la coupole et rêver au rythme de Haïku. De bercement en détente, l’on se dit qu’on a emmagasiné assez de beauté et l’on quitte le navire bien avant que la fête explose avec Anthony Georges Patrice et Konkord qui ont mixé jusqu’à l’aube.

On sort de la soirée Haïku et du Cinéma Paradiso, heureux, apaisé, ravi d’avoir eu tant d’espace et de beauté, ainsi qu’une musique de telle qualité comme pour soi seul. L’anti-rave peut-être, mais la porte ouverte à de bien beaux rêves !

Toute la Programmation du Cinéma Paradiso, ici.

visuels : YH

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Yaël Hirsch
Co-responsable de la rédaction, Yaël est journaliste (carte de presse n° 116976), docteure en sciences-politiques, chargée de cours à Sciences-Po Paris dont elle est diplômée et titulaire d’un DEA en littérature comparée à la Sorbonne. Elle écrit dans toutes les rubriques, avec un fort accent sur les livres et les expositions. Contact : [email protected]

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