Beauté
Savoir se parfumer, la gestuelle du parfum

Savoir se parfumer, la gestuelle du parfum

07 décembre 2015 | PAR Pulcherry Von Ober

« Le parfum est un langage ? Alors enseignons sa grammaire ! » conseille Elisabeth de FEYDEAU.

En effet,  l’art du parfumage n’est pas anodin puisque le parfum se révèle être cette parure invisible qui nous habille tout comme le fait un vêtement. Aussi, savoir l’associer, le doser devrait faire partie intégrante de notre rituel beauté. Maîtriser son art au sens propre du « parfum artifice » et donc de la séduction artificielle, du célèbre « naturel travaillé » ou « nude » pourrait éviter bien des écueils.
Alors depuis combien de temps la gestuelle du parfum existe-t-elle et comment a-t-elle évoluée ?

Rencontre avec Elisabeth de Feydeau, historienne diplômée de l’Université de Paris Sorbonne, fondatrice d’Arty Fragrance.


Existe-t-il un historique de la gestuelle du parfum ? Et quel est–il ?

Bien sûr ! Il suit l’historique du parfum. A l’origine le parfum était brûlé, aussi on privilégiait l’encensoir, puis on pratiqua des massages pour faire pénétrer le parfum avec l’huile. Lorsque la distillation est apparue, le geste fut l’aspersion pour les hommes notamment avec la Cologne.
Mais il faut bien comprendre que jusqu’au 20ème du fait de la concentration du parfum qui était sous forme d’extrait, on se parfumait avec parcimonie, et on le déposait en touches sur le corps.

Quel est le rôle social de cette gestuelle ?
Il faut savoir que durant très longtemps le parfum était réservé aux dieux. Ce n’est que bien plus tard qu’il entra dans la sphère de l’intime. Se parfumer pour une femme…était un secret !
Le 18ème siècle marque un tournant dans la parfumerie, et la France domine le monde du parfum. A cette époque Grasse revêt le titre de « Capitale mondiale de la parfumerie », à Paris siègent les plus grands parfumeurs, et avec la distillation, le flacon va prendre toute son ampleur. D’ailleurs, les femmes de l’époque devaient verser le parfum des fioles achetées au parfumeur, dans des flacons précieux.
Au 19ème siècle le parfum entre dans le boudoir, au 20ème, le vaporisateur de sac autorise un parfumage discret à n’importe quel moment de la journée..N’oublions pas : se parfumer en public est vulgaire. Avec les années 70, on assiste à la banalisation du geste.

La manière dont le parfum est  présenté (sous forme de  vaporisateur, concrète, ou encore flacon, stylo) ,et donc appliqué,   influe-t-elle sur le rapport à la fragrance ? Et si oui, pourquoi ?
Oui. Jadis, on déposait une  goutte de parfum sous forme d’extrait aux points de pulsation. Aujourd’hui, avec les atomiseurs vaporisateurs, le geste s’avère large.
Ensuite, la galénique influe également. Pour les concrètes  ou encore les stylos, on cherche les points de pulsation sur le corps . Comme le disait Coco CHANEL,  «Parfumez-vous  partout où vous souhaitez être embrassée ! » donc  là où le cœur bat, et où, la peau est plus chaude puisque le  parfum a besoin de chaleur pour se diffuser….

Aujourd’hui une société propose un système qui permet de déposer le parfum par goutte sur les zones de pulsation qu’en pensez-vous ? 
On revient à la précision du geste, au côté précieux de la gestuelle. Est-ce à faire un parallèle avec la crise que nous traversons ? Oui, je pense. En effet, on  a remarqué historiquement que durant  la crise des années 20, l’industrie du luxe s’est bien portée. D’ailleurs,  il nous reste  de ces années des objets luxueux. En effet, nous ne sommes pas assez riches pour mal consommer. Ainsi, une consommation plus raisonnée, marque le retour du parfum à sa dimension de luxe.

La gestuelle du parfum est-elle la même sur les différents continents ? Et pourquoi ? Et qu’en est-il de cette gestuelle selon que l’on est un homme ou une femme, jeune ou plus âgé ?
La gestuelle de l’homme est ce que l’on nomme un splash (avec notamment la cologne après le rasage) donc une gestuelle large. La femme précise son geste. Cependant, aujourd’hui, la gestuelle des hommes se rapprochent de celles des femmes.
En Orient, la gestuelle est plus large. On est plus dans le layering : on se parfume de plusieurs parfums et de ce fait on créé le sien, un peu comme Jo Malone ou encore le dernier « J’Adore Touche de Parfum » de Dior avec son système « Note* » qui permet de l’associer avec une autre concentration.

Pensez-vous que comme le rituel du thé, une gestuelle du parfum serait à enseigner ?
Oui, pour l’enseignement de la gestuelle car elle fait partie de la séduction, de la parure. Ensuite, tout dépend de comment porte-t-on son parfum…Trop de personnes ne savent pas se parfumer. Je pense qu’il est vraiment important d’apprendre l’art de se parfumer.

Enfin, quelle gestuelle recommanderiez-vous et pourquoi ?
La gestuelle se doit d’être adaptée à la concentration du parfum choisi !

Note*. » J’Adore Touche de parfum ». Un système qui permet de poser directement et délicatement le parfum sur la peau mis au point par la société Aptar en collaboration avec les Parfums Dior.

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Pulcherry Von Ober
Un regard posé sur l'esthétique car la beauté donne le ton de l'harmonie. Des papilles constamment en éveil ! http://www.sensetpeau.com/blog/ https://www.instagram.com/leschicsgourmandises/ @leschicsgourmandises

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