Beauté
Le toucher : ces mots de l’amour ou la beauté à l’ hôpital…

Le toucher : ces mots de l’amour ou la beauté à l’ hôpital…

27 septembre 2015 | PAR Pulcherry Von Ober

Pour tenter d’apporter un meilleur-être, et  accompagner le patient sur le chemin de la guérison, une association, le CEW, le Cosmetic executive women, existe. Elle a pu dispenser plus de 188 000 soins esthétiques à plus de 100 000 patients lors de ces 5 dernières années. Aussi, comment les patients peuvent-ils bénéficier gratuitement de ces soins, comment fonctionne cette association et que peut-elle apporter aux malades ?

Rencontre avec Françoise MONTENAY, Présidente du CEW (Cosmetic  executive women).

CEWPouvez-vous nous présenter votre association ?
Nous avons créé cette association en France en 1986, mais elle existe depuis 60 ans aux Etats Unis ! En fait, le CEW ce sont trois associations dans le monde : CEW US, CEW UK et le CEW France. Durand cinq ans, en France, nous avons organisé des conférences sur la beauté, et puis, nous avons voulu partager nos connaissances avec des femmes qui en ont réellement besoin. Alors nous nous sommes tournées vers les hôpitaux, car ici, il n’y avait rien pour répondre à cette quête de beauté, de bien-être.
Bien sûr, tout ne s’est pas monté en un claquement de doigts. Nous nous sommes construits pas à pas. Les rendez-vous étaient pris par les infirmières de l’hôpital Gustave Roussy, puis face au succès, un endroit nous a été attribué. Aujourd’hui, dans cette institution, nous avons 4 esthéticiennes qui se succèdent,  au chevet des patients, ou encore en chambre stérile.
Mais ce n’est pas tout ! Nous sommes présents dans 24 hôpitaux en France, le plus souvent des CHU, 2 EPHAD, un centre d’insertion social pour jeunes femmes et avons un centre au domicile des patients dans l’Ouest parisien.

Quelles sont les différents services que vous proposez aux hôpitaux ainsi qu’à leurs patients ?
En fait nos soins sont adaptés aux pathologies. Nous pouvons gérer des soins dans le domaine du cancer, de la gériatrie, de l’obstétrique, du traumatisme crânien…

Qui vous fournit les cosmétiques et sont-ils payants ?
Nous faisons un panel de produits. Et surtout, nos produits sont totalement anonymes, donc je ne vais pas vous les détailler. Le patient n’achète pas de produit, de même qu’il ne paye pas ses soins.

Comment les esthéticiennes sont-elles rémunérées ?
Il faut savoir que toutes, absolument toutes sommes bénévoles au sein du CEW. Cependant, comme il est très important d’avoir une régularité dans les soins, la présence, nos socio-esthéticiennes sont donc payées. Elles travaillent deux jours en hôpital, et j’insiste, le reste du temps, elles sont en dehors. Et cela c’est très important pour les patients. Elles sont le lien entre « le dehors et le dedans (l’hôpital) ».
Pour assurer ses soins gratuits aux patients, nous sommes en constante recherche de fonds. Notre budget : 900 000 euros dont 30% proviennent de dons, 18% de partenariats, 11 % de subventions (publiques et privées) et c’est la raison pour laquelle nous organisons des dîners caritatifs, des événements (compétitions de golf ou encore des opérations avec des entrepreneurs locaux comme une rose une caresse…). D’ailleurs, je souligne que comme le CEW est reconnu d’intérêt général, ces dons sont déductibles à hauteur de 60 %.

Vos soins à l’hôpital, c’est bien, mais ensuite, il faut gérer tout l’après, le post opératoire lors du retour chez soi. Bien souvent les personnes sont dans un isolement redoutable. Que proposez-vous alors ?
Justement, nous avons monté un partenariat avec Marionnaud, un contrat sur 5 ans, comme par exemple, les élégants oursons habillés par Chloé. Le montant de la vente nous est versé. Nous avons également formé des esthéticiennes volontaires de chez Marionnaud. A cela s’ajoute que nous avons créé, au sein des instituts Marionnaud, des endroits calmes, plus confidentiels pour  accueillir les personnes. Ainsi, à ce jour, 30 points de vente existent en France. Et je souligne  un point : les esthéticiennes de chez Marionnaud sont là pour nous relayer, elles sont formées pour dispenser des conseils, il n’y a aucune obligation de vente. Et puis, vous savez cela fait aussi un lieu de dialogue, d’échange, d’écoute.

coeur-en-plumes-Quels sont les soins que vous proposez ? Et à qui les proposez-vous : aux hommes comme aux femmes ?
Les soins d’apparence constituent 25% de nos soins : soin visage, manucure…La manucure se révèle très importante puisque les mains du patients sont posées sur les draps. 40% sont des soins de confort : modelage, soin des pieds… Oui, nous proposons aux hommes comme aux femmes nos services. Et pour les hommes c’est aussi très utile. Par exemple, ils vivent mal de perdre leurs cheveux, d’avoir le visage qui change, la peau qui tire. Dans nos centres, les hommes viennent chercher du confort pour ne plus avoir cette peau qui tire, un corps gonflé par les traitements…

Cela intervient-il sur le mieux-être, le bien-être ou encore la guérison ? Pourrait-on écrire qu’ainsi on peut déclencher une guérison ?
Nous ne guérissons pas, nous donnons aux gens plus de force pour se battre contre la maladie.

Que représente, pour le patient,  le fait de prendre soin de lui ?
Nous avons réalisé une petite étude à l’institut Marie Curie. Dans un premier temps, les patients attendent de la détente. Les femmes se réjouissent de ses soins, car elles ne sont pas touchées pour être soignées, elles sont touchées parce qu’on leur dispense un soin de beauté. Et cela change tout ! Et puis durant ce soin, les femmes sont elles-mêmes, elles ne sont pas obligées de se montrer sous leur meilleur jour.

HOPEQu’est-ce que cela implique dans la façon dont le patient considère son corps ou encore son esprit ?
Le patient se réconcilie avec son corps. On « remodèle » son corps, lui offre une jolie apparence. Le maquillage permet d’avoir meilleure mine. Cela peut aussi re donner de la confiance en soi, en l’avenir.
Vous savez, lorsque vous avez de la visite, qu’on vous embrasse, combien il est important de sentir bon ! Oui, c’est vraiment aider le patient dans sa relation à l’autre avec un corps un peu « cabossé » meurtri, douloureux.

Le fait d’avoir une équipe d’esthéticienne CEW au sein d’un centre hospitalier modifie-t-il les rapports patients/soignants, soignants entre eux ? Et si oui, comment ?
Il faut savoir que l’esthéticienne fait partie de l’équipe des soignants, mais attention, nous n’avons pas accès au dossier médical de ceux-ci. Les « soins » esthétiques dispensés au patient sont discutés avec le personnel soignant. C’est vraiment une équipe d’infirmières, de médecins, de socio-esthéticiennes.

Futiles les soins esthétiques ? Egoïste de se tourner vers soi et de « s’occuper » de son corps ? Les « soins » esthétiques peuvent aussi soigner, aider à accepter un nouveau corps, à se respecter, se valoriser. Oui, parce que si notre corps héberge notre Etre, il est aussi objet social nous reliant à l’Autre.
Ces soins esthétiques humanisent une hospitalisation, participent  à la gestion de la souffrance du corps malade, apportent un mieux-être et peuvent ouvrir la voie vers la guérison. Ces soins esthétiques créent un autre langage dans la relation avec autrui par le tendre toucher… ces mots de l’amour.

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Pulcherry Von Ober
Un regard posé sur l'esthétique car la beauté donne le ton de l'harmonie. Des papilles constamment en éveil ! http://www.sensetpeau.com/blog/ https://www.instagram.com/leschicsgourmandises/ @leschicsgourmandises

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