Beauté
Jean-Claude Ellena : un Nez entre science et création

Jean-Claude Ellena : un Nez entre science et création

11 décembre 2015 | PAR Pulcherry Von Ober

Que représente un parfum, comment se mémorisent les odeurs,  pourquoi les neurosciences et le parfum s’associent-ils, comment travaillera un Nez demain ?
Rencontre avec Jean-Claude ELLENA créateur de First, Amazone, In love Again qui aujourd’hui est le parfumeur maison chez Hermès, maison pour laquelle il a entre autres créé : Terre d’Hermès, Kelly Calèche, Un Jardin après la Mousson, le Jardin de Monsieur Li…

Comment définiriez-vous un parfum, une odeur, ainsi que votre métier de nez ?
Le parfum est une composition de l’esprit, l’odeur un état de la nature. Le métier de parfumeur est de raconter une histoire en odeur, les odeurs sont ses mots.

Comment mémoriser les odeurs, les nommer ? Existe-t-il un langage universel des odeurs ?
La mémorisation dépend de l’intérêt que vous portez à l’odeur. Pour faciliter ce travail de mémoire rien de tel que d’essayer de mettre des mots sur l’odeur sentie. Au plus il y aura de mots au mieux le paysage olfactif de l’odeur sera construit. IL n’existe pas de langage universel de l’odeur, pas plus que dans la musique, ou la peinture. La meilleure façon d’échanger ses impressions est de passer par des métaphores qui sont porteuses d’inventivité, de créativité.


Pourquoi avez-vous accepté de travailler avec le centre de recherche en neurosciences de Lyon ?

Parce que l’art et les sciences ont beaucoup de choses en commun.

Science et parfum peuvent-ils cohabiter ? En effet, le parfum semble lié à la création, l’imaginaire, l’émotion et la science apparaît comme cartésienne.
Il faut apprendre à connaître les scientifiques, ce sont des femmes et hommes qui rêvent et qui ont choisi les sciences pour les exprimer, pensant peut-être, que cette voie était plus rassurante. Les créatifs sont des funambules, il faut oser marcher sur un fil.

Agro-alimentaire, cosmétiques, vêtements, centres commerciaux s’approprient des odeurs étudiées comme «poussant à la consommation ». Ainsi, en diffusant massivement dans ces différents domaines ces « parfums vendeurs », ne risque-t-on pas de bâtir une normalité dans les odeurs, et sur le long terme, le cerveau n’étant éveillé qu’à ces dernières, ne l’incite-t-on pas à ne plus en percevoir ou encore, ne plus en apprécier d’autres ?
Ce sont des légendes urbaines. La répression des fraudes interdit de diffuser des odeurs pour « appâter » les clients. Les seuls diffuseurs de parfums à ma connaissance sont ceux utilisés parfois dans les cabines d’essayages, les personnes n’étant pas toujours propres sur elles-mêmes

Peut-on manipuler une personne par un parfum ?
La séduction est une manipulation, très utile au développement des espèces

Le parfum peut-il guérir, apaiser des violences, souffrances, douleurs, apporter un mieux-être ? Pourquoi ? Devrait-on l’introduire dans les hôpitaux, entreprises, prisons, voire même enseigner les odeurs et leurs effets à l’école ?
Oui, et cela se fait dejà en milieu hospitalier, prison, etc…

Existe-t-il un parfum que vous n’avez jamais senti et que souhaiteriez connaître?
Je reste ouvert à la surprise, à la remise en question.

Enfin, comment définiriez-vous le métier de nez demain et, pourquoi ?
Le parfumeur de demain ressemblera à celui d’aujourd’hui, tout comme un romancier. Seule la forme va évoluer, il continuera à raconter des histoires, des histoires à fleurs de peau…

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Pulcherry Von Ober
Un regard posé sur l'esthétique car la beauté donne le ton de l'harmonie. Des papilles constamment en éveil ! http://www.sensetpeau.com/blog/ https://www.instagram.com/leschicsgourmandises/ @leschicsgourmandises

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