Tendances

Avec la tendance du rooftopping, mieux vaut ne pas regarder en bas

Avec la tendance du rooftopping, mieux vaut ne pas regarder en bas

14 novembre 2012 | PAR La Rédaction

Une nouvelle tendance dans le monde de la photo est née à Toronto dans l’objectif de Tom Ryaboi. Elle a pris le nom de rooftopping : le principe est simple, monter aussi haut qu’on peut, quitte à braver les dangers et les interdits, pour saisir les choses depuis le sommet. Cette pratique relève autant du challenge sportif que de l’art. Accrochez-vous.

Ce type a la folie des hauteurs. Il aime sa ville de Toronto, mais pas sous le même angle que les autres. Il l’embrasse depuis les sommets, c’est ça ou rien. Il raconte l’expérience qui a bouleversé sa pratique de la photo, et comment cette pratique artistique (et sportive) surprenante est devenue un vrai style de vie. C’est en voulant saisir le mieux la beauté de Toronto à l’heure du soleil couchant que Tom Ryaboi s’est tourné vers les hauteurs. Il a grimpé au sommet d’un immeuble en construction avec son Canon Rebel XT, et raconte avec une certaine poésie ce qu’il a alors ressenti : « It was like an Eric Satie song. It was magical ».

Après cette expérience où se mêlaient le danger, l’adrénaline et la beauté de la ville jamais encore saisis depuis ces cimes, cette pratique porteuse de sensations fortes devient une obsession : « Ce n’était pas quelque chose que tu pratiquais un week-end en passant, c’était ta vie. Chaque immeuble que je voyais était désormais une cible potentielle. Je regardais les ascenseurs, les sorties de secours, la sécurité, les entrées et sorties partout où j’allais. Même dans mon sommeil je rêvais de toits. » Le rooftopping, nom qu’a rapidement pris cette pratique, n’a donc pas selon son inspirateur la vocation d’un passe temps, ni le sens d’une pratique artistique originale. Cette façon vertigineuse de prendre le monde urbain en photo est un véritable mode de vie. Et Tom Ryaboi de préciser que contrairement à ce qu’on pourrait croire tout cela ne nécessite aucune préparation particulière, il suffit d’un appareil photo et d’un peu d’imagination pour arriver au top. Et ne pas avoir le vertige, certes.

Vite rejoint par des amis, ce phénomène fait un buzz lors de la publication de cette photo sur internet, « I’ll make you famous », où l’on voit les converses de son amie Jennifer Tse. My Modern Metropolis, puis La BBC, RTL et National Geographic USA ont diffusé cette photo et fait connaître dans le monde cette nouvelle « tendance », ou « craze » comme ils disent. Sous cette influence, la folie des hauteurs en a touché d’autres qui ont rejoint le mouvement, comme Erik M, avec un autre regard. Le rooftopping prétend donner une perception et une expérience différentes de ces villes aux buildings gigantesques. On ne se sent pas tout petit, voire oppressé face à ces tours à la verticalité infinie, comme quand on marche dans ces avenues, on sort aussi de l’habitude de se trouver à ces dizaines de mètres du sol avec une autre tour devant soi, ou un immense panorama auquel on ne fait pas attention. Par cette pratique photographique la physionomie de ces villes est remise en valeur, le vertige en est parfois recréé à l’extrême.

Les clichés des rooftopers saisissent tantôt la ville comme une personne qu’on l’on embrasse complètement depuis ses plus hautes cimes, ou qui s’érige droite et imposante devant notre regard, tantôt nous font basculer dans une géométrie vertigineuse, la ville disparaissant presque dans l’abstraction. Nous aurons sans aucun doute bien du mal à rivaliser du haut de nos cinq étages parisiens. Et je ne sais si les tours du 13e, de Beaugrenelle, de la Défense ou les orgues du 19e sont susceptibles de nous offrir un tel spectacle. Le rooftopping est peut être américain, mais qu’importe, il nous fait profiter de ce vertige.

Pour lire son interview, c’est ici.

Nilufar Hebras.

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La Rédaction

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