Théâtre

« Par tes yeux », un voyage main dans la main avec la jeunesse du monde entier aux Francophonies en Limousin

« Par tes yeux », un voyage main dans la main avec la jeunesse du monde entier aux Francophonies en Limousin

02 octobre 2018 | PAR Lisa Bourzeix

La 35ème édition du Festival des Francophonies nous propose une pièce dans laquelle Gianni Gregory Fornet met en scène trois textes de Martin Bellemare, Sufo Sufo et lui-même. Les trois comédiens, Patrick Daheu, Coralie Leblan et Mireille Tawfik, se donnent la réplique et se succèdent dans le récit de ces différentes histoires.

Pendant une heure et quart c’est le Québec, le Cameroun et la campagne française qui défilent sous nos yeux. Les paysages se succèdent comme derrière la vitre d’un train et les jeunes comédiens nous accompagnent dans ce tour du monde express. Mais ces histoires ont un point commun : ce sont celles d’adolescents. Cette période de vie qui rassemble, souvent, tant les problématiques sont sensiblement les mêmes peu importe la localisation sur le globe.

Première étape : Mimi qui prend la parole. Jeune femme issue de Montréal Nord elle nous raconte sa vie en dix épisodes avec quelques épisodes inédits. La présence de la vidéo et de la musique sur cette première partie apporte une énergie qui permet au public d’être tout de suite happé. Son jeu et sa présence embarque tout le public et le format donne un dynamisme qui offre au texte une belle interprétation.

L’escale suivante nous emmène à Yaoundé au Cameroun où Patrick Daheur nous raconte l’histoire d’un jeune homme qui tous les jours observe « la fille de l’heure ». C’est à la fois l’histoire de cet adolescent qui connait ses premiers émois ( et déceptions ) amoureux mais aussi une opportunité de raconter les problématiques auxquelles sont confrontées les jeunes femmes d’un pays comme le Cameroun. Le texte de Sufo Sufo se distingue du premier et apporte un souffle de littérarité intéressant.

La dernière correspondance nous conduit dans la vie de Norma, en France. Elle vit mal la séparation de ses parents qui l’a conduite à partir vivre à la campagne avec sa mère. Elle découvre la vie à l’internat, les relations avec les autres filles, compliquées souvent. Un récit Kafkaïen avec dès les premiers mots l’apparition de scarabées d’une drôle de nature mais c’est surtout la difficulté à exprimer ses maux et ses incompréhensions pendant cette période de révolte qui est racontée ici.

La complicité entre les trois comédiens est touchante et permet aux textes de se déployer et d’offrir aux spectateurs une lecture riche et bienveillante. La scène finale ouvre le dialogue et le champs des possibles qui est infini puisqu’il y autant d’histoires possibles que d’adolescents sur terre.

Le festival se poursuit jusqu’au 6 octobre

Visuels : © Christophe Pean

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Lisa Bourzeix

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