Théâtre

Vérité de soldat au Grand Parquet

21 novembre 2010 | PAR Elise Arnould

         1960 voit la célébration de l’indépendance de dix-sept pays africains dont le Mali et l’arrivée au pouvoir du premier président Modibo Keïta. Vérité de soldat, est une pièce créée dans le cadre du 50ème anniversaire de l’indépendance. Inspirée du témoignage du capitaine Soungalo Samaké,  elle s’encre sur ce témoignage, fil rouge de la grande histoire du Mali.

            La pièce est présentée jusqu’au 28 novembre au grand parquet. Dernière limite pour aller voir ce spectacle qui vous fait découvrir l’histoire politique du Mali à travers un triple regard. D’un côté une femme Catherine, la victime, elle est celle qui veut comprendre, celle qui réclame des comptes, celle dont le passé douloureux la pousse en quête de vérité. Elle est née d’un viol collectif de soldats. Apprenant la prochaine publication d’un témoignage du lieutenant que la rumeur désigne comme responsable, elle se rend chez l’éditeur. De l’autre son premier interlocuteur Amadou Traoré. Ancien responsable du Mali socialiste, devenu éditeur, il a décidé de publier le témoignage d’un homme, non seulement en complète opposition avec son mode de pensée, mais qui plus est son ancien tortionnaire : Soungalo Samaké.

            Soungalo Samaké est le personnage phare de la pièce. Cet ancien militaire est connu à travers tout le Mali pour avoir arrêté le premier président du Mali : Modibo Keita. Il a ainsi permis le renversement du pouvoir en place et l’arrivée au pouvoir de Moussa Traoré.

            La pièce s’attache à son évolution et au travers de sa vie à l’évolution politique du Mali. Ce n’est ni un jugement, ni un réquisitoire contre qui que ce soit mais des réponses franches et sans détours à l’évolution d’une société et d’un pays qui se cherche. Si Soungalo Samaké a arrêté l’école tôt et n’a pas la finesse des élites, il a le bon sens bamanan dont il se réclame systématiquement. Il a bien observé les lois tacites qui régissent le pouvoir et son opposition et nous en propose un récit ponctué d’anecdotes.

            Beaucoup de lucidité dans les paroles de tous les personnages qui s’opposent parfois tout en gardant le même bon sens et la même honnêteté. Vérité de soldats donne à voir sans appeler à la vengeance ou à l’insurrection, mais peut être, à l’évolution du Mali : « L’indépendance n’est pas notre mémoire, elle est notre horizon. »     

            Ne vous laissez pas impressionner par les grandes grilles du grand parquet et poussez la découverte jusqu’au bus/roulotte rouge et jaune où vous pourrez acheter vos billets. Entrez dans la salle chaleureuse à la lisière entre le cirque et le théâtre traditionnel, un esprit de théâtre forain peu conventionnel à Paris et vraiment sympathique donc. Entre sièges, tables, chaises et buvette vous attendrez avant le début du spectacle, l’occasion de manger une pâtisserie ou un plat avant ou après le spectacle.

Prolongations jusqu’au 28 novembre, jeudi, vendredi et samedi à 20h; Le grand Parquet ,20 bis rue du Département – 75018 Paris;Métro : La chapelle / Max Dormoy – Réservation : 01 40 05 01 50. Site internet du grand parquet : ici

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Elise Arnould

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