Théâtre

Valère Novarina brûle les planches de l’Odéon

Valère Novarina brûle les planches de l’Odéon

05 novembre 2010 | PAR Bérénice Clerc

Si le théâtre contemporain avait un Dieu esprit, Valère Novarina serait son fils.

Alain Crombecque, l’inimitable et extraordinaire dénicheur de talent, lui ouvrit grand les portes du Festival d’Avignon dont il était le directeur, quand certains faisaient mine de ne pas avoir envie d’en parler.

Depuis,  Valère Novarina ne cesse d’offrir son souffle aux acteurs, de leur préparer de délicieux repas de mots pour manger la parole et délivrer la scène de l’Origine rouge humaine en un rire salvateur et le transporter au royaume du Music Hall où Daniel Znyk est Roi d’une Opérette imaginaire, transcripteur terme à terme de litanies enfantines, de comptines dévoilant le plus court chemin entre le théâtre et l’Homme.



Le théâtre de Valère Novarina peut faire peur, comme un chirurgien, il dissèque la chair de l’homme et nous laisse face au drame de la vie, l’inquiétude se mêle parfois aux éclats de rire devant la parole inextinguible des acteurs souvent au milieu d’un espace furieux riche de couleurs, de lignes, de formes imaginées et peintes par l’auteur lui-même.


Si vous décidez de lire du Novarina, vous devrez le faire à haute voix, vous perdre dans ce théâtre des paroles, écrit pour les oreilles, posé malgré lui sur une page avant de prendre réellement tout son sens lorsqu’un acteur surgit sur la scène d’un théâtre pour le porter aux spectateurs, jamais passifs.

Le spectateur est interrogé, sur son propre je suis, sur le monde, la vie, la société, la folie, il est renversé, basculé par les acteurs en chute perpétuelle, souvent à l’envers de l’esprit, ils renoncent à la mort, ils ressuscitent en permanence la figure Humaine.

N’ayez pas peur de cet acte inconnu, ne cherchez pas à comprendre, à expliquer, à trouver l’équilibre d’une histoire, d’une unité de temps ou de lieu.

Libérez-vous du sens pour laisser infuser la pensée en vous pendant le spectacle et surtout après, au moment où votre cerveau, alerté par la langue de Novarina, travaillera seul, malgré vous et reconstruira le désordre, l’accumulation, le chaos subversif et révolutionnaire.


Pour la saison 2010/2011, Valère Novarina brûle les planches du théâtre de l’Odéon.

Tout au long de l’année, plusieurs rendez-vous nous permettrons de découvrir plusieurs aspects de son oeuvre.

Dans un premier temps  salon Roger Blin le 5 Novembre 2010 à 18h, Valère Novarina lira « l’envers de l’esprit » accompagné par les chansons de Christian Paccoud.

– Le 14 décembre 2010 à 20h, Dominique Pinon dira « Pour Louis De Funès » dans la grande salle.

-« L’Opérette Imaginaire » va renaître, tel le phénix, ici dans les corps d’acteurs Hongrois, quelques années après sa création inoubliable au Festival d’Automne, du 9 au 13 Novembre 2010 dans la grande salle.

Du 5 au 30 janvier 2011, « Le vrai sang » sa prochaine création va lui permettre de réunir ses fidèles acteurs virtuoses comme Valérie Vinci ou Dominique Parent, accompagnés par Christian Paccoud et de nouvelles recrues à découvrir dans la grande salle.

-Est-il possible de traduire Novarina ? Vous le saurez le 15 janvier 2011 de 14h30 à 17h, grâce à l’entrée libre de « La république des traducteurs » sous la direction de Mario Baschera avec Jacques Le Ny et des traducteurs du monde entier.

Le 17 janvier 2011 entre 14h et 17h, vous pourrez entrer dans l’univers de Novarina ou « La surprise du théâtre ».

– Denis Podalydès dirigera 22 acteurs pour la lecture du « Babil des classes dangereuses » le 24 janvier 2011 à 20h dans la grande salle.

-« La joie est-elle sans raison ? », voici le titre de la soirée du 27 janvier 2011 avec Jean-Luc Marion, membre de l’Académie Française, et Olivier Dubouclez.

Vous l’avez compris,  l’Odéon offre sa scène à Valère Novarina, courrez-y avec joie, vivez cette expérience, offrez-la à vos amis, vos enfants, les amis de vos enfants, votre famille, vos collègues, vos voisins et même vos ennemis, cela les rendra sans aucun doute plus aimables!

Vous qui habitez le temps, prenez une pause de théâtre, vivez dans votre époque, riez, soyez universel et pluriel pour la saison 2010/2011.


Théâtre de l’Odéon

Résa : 01 44 85 40 40.

Métro : Odéon
RER B: Luxembourg
Bus : 63, 87, 86, 7O, 96, 58.
Parkings : rue Soufflot, Place St Sulpice, rue de l’Ecole de Médecine.
icone_velib.gif Vélib‘ : cliquer ici pour accéder au plan des bornes Vélib’ du quartier.

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Bérénice Clerc
Comédienne, cantatrice et auteure des « Recettes Beauté » (YB ÉDITIONS), spécialisée en art contemporain, chanson française et musique classique.

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