Théâtre

Une semaine au Festival d’Avignon 5

22 juillet 2009 | PAR Audrey Saoli

Hier, j’ai été voir « Un peu de tendresse bordel de merde!« du québécois Dave Saint-Pierre. Voilà une pièce  où la provocation est purement gratuite. C’est hilarant! Quand nous arrivons dans la salle, un comédien est déjà sur scène, nu avec une perruque blonde. Il salue tous les gens qui entrent d’ une voix très aiguë. Le ton est donné.

Nous ne sommes pas dans une situation confortable en tant que spectateur. Une présentatrice dominatrice nous annonce qu’il n’y aura pas de quatrième mur dans cette pièce et nous félicite d’avoir tenu les dix premières minutes. Dave Saint-Pierre ose beaucoup de choses, il va au bout de ses provocations. Des comédiens nus montent dans le public, s’assoient sur eux, lèvent la jambe devant leurs visages… Mais tout passe très bien parce qu’à aucun moment ils ne se prennent au sérieux. Les blagues sont potaches et assumées comme telles.

Ce spectacle est surprenant, il mêle à la fois blagues graveleuses et poésie. L’humour est toujours contrebalancé par des réalités très sombres. Dave Saint-Pierre arrive finalement à faire un constat de la tendresse dans notre monde très  négatif en nous donnant le sourire. Il pose son regard de sociologue sur la façon de s’aimer de ses contemporains. Il y a des individus qui se rencontrent, d’autres qui ne rencontrent personne, d’autres qui prennent des chemins différents. Cette vision du monde s’exprime dans le langage de la danse. Nous nous identifions beaucoup plus à ces mouvements, l’écho s’exprime en douceur. Ce spectacle mélange avec brio instants d’intimité et d’émotion et moments complètement loufoques.

Les danseurs comédiens sont heureux d’être ensemble, on a envie de les rejoindre sur la scène pour faire des bêtises avec eux. Il y a une joie de vivre communicative. Vers la moitié du spectacle, le ton devient plus grave, les hommes nus aux perruques blondes se rhabillent. Le monde est beaucoup moins drôle, ils se frappent, s’ignorent, se blessent.

Mais la fin est pleine d’espoir grâce au magnifique ballet d’une des danseuses. Elle tangue et chancelle mais se fait rattraper et remettre sur ses pieds par tous les hommes qui l’entourent. Chaque homme qui la remet debout, se lève de sa chaise, comme s’il était devenu un homme, enfin.

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Audrey Saoli

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