Théâtre
<em data-lazy-src=

Une scène, les short cuts amoureux de Diastème

02 mars 2012 | PAR Amelie Blaustein Niddam

Diastème est touche à tout, metteur en scène de pièces de théâtre comme La nuit du thermomètre, L’amour de l’art, romancier avec Bien le silence partout, réalisateur aussi. Cet amoureux du théâtre qui avait déjà livré un film sympathiquement documentaire sur le Festival D’Avignon campe ici son histoire dans la communauté théâtrale. Une scène pour elle et lui, elle comédienne, lui metteur en scène. Ils se rencontrent, s’aiment et se séparent. Banale histoire dont le niveau est relevé par un rythme d’écriture rafraichissant.

Elle (Andréa Brusque) et lui (Julien Honoré) sous les projos rouges, d’accord on a déjà vu ça, chez Pommerat notamment, ou pour la jeune génération dans les jolis travaux de Sophie Mourousi, passons, c’est bien fait. Elle et lui donc, bientôt une table de bistrot, nous spectateurs devenant les consommateurs assis dans le café. Et là, leur vie à deux, qui a duré forcement trois ans, défile sous nos yeux entre mesquineries, grandes déclarations, nostalgie du temps-heureux-d‘avant. Elle lui reproche de ne pas lui avoir présenté sa mère, de ne pas vouloir d’enfant, il lui reproche d’avoir été infidèle une fois, son métier de comédienne, symbole de nonchalance. Elle le pousse, il tombe de sa chaise et dans une inspiration très Mulholand Drive qui sied parfaitement au théâtre enfoui du Ciné 13, art déco et dorures sombres l’histoire bascule dans un autre moment.

Une scène utilise un procédé très cinématographique de flashbacks et de retours au présent plutôt inattendus dans la forme. A l’instar d’un clip musical, les scènes s’enchainent dans un mode aléatoire qui tiendrait presque de l’improvisation. C’est un spectacle qui commence presque par la fin et se termine totalement par le début, le premier regard, le premier mot, la première approche, forcement bas de gamme. Diastème a voulu capter l’instant où l’on veut se voir pour ne plus jamais se revoir. C’est commun, c’est banal, c’est universel, au final, tout le monde peut se projeter dans cette courte pièce tout à fait symptomatique de l’époque où elle se situe. Jeunes trentenaires, belles gueules et belles présences dans un lieu devenu vintage tenu par Salomé Lelouch, enfant de la balle. Une petite Scène ne fait pas de mal !

Visuel : © Richard Schroeder

La 15ème édition du festival Les Femmes S’en Mêlent approche… du 20 mars au 1er avril
SebastiAn : Love In Motion censuré
Amelie Blaustein Niddam
C'est après avoir étudié le management interculturel à Sciences-Po Aix-en-Provence, et obtenu le titre de Docteur en Histoire, qu'Amélie s'est engagée au service du spectacle vivant contemporain d'abord comme chargée de diffusion puis aujourd'hui comme journaliste ( carte de presse 116715) et rédactrice en chef adjointe auprès de Toute La Culture. Son terrain de jeu est centré sur le théâtre, la danse et la performance. [email protected]

Publier un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.


Soutenez Toute La Culture