Théâtre

Stéphane Freiss dans une romance d’aujourd’hui

18 février 2010 | PAR Christophe Candoni

« Une comédie romantique » est à l’affiche du Théâtre Montparnasse. Stéphane Freiss et Elodie Navarre jouent les prémices d’une relation amoureuse et les complications qui vont avec. C’est plutôt drôle, tendre aussi, gentiment sirupeux, dans la veine des comédies à l’eau de rose dont sont friands les américains.


Gérald Sibleyras a signé déjà plusieurs pièces qui ont été de beaux succès dans le théâtre privé. On se souvient du molierisé « Petit jeu sans conséquences » qui a été adapté ensuite au cinéma par Bernard Rapp et de « La danse de l’albatros » entre autres. Dans ces deux pièces, l’auteur écrivait à partir de l’inépuisable sujet qu’est la vie de couple et ses aléas. Sa dernière pièce ne déroge pas à la règle. « Une comédie romantique » raconte l’histoire d’un véritable coup de foudre entre Léon et Anita qui se rencontrent dans la salle d’attente d’une gare SNCF. Cela n’est apparemment pas très glamour. La situation est anodine : il n’a pas de ticket pour faire la queue, elle en a justement deux…et c’est le début d’une histoire d’amour. Elle est habilleuse pour l’opéra en tournée et lui, informaticien. Alors, il sillonne la France pour la rejoindre ponctuellement. Ils multiplient les rencontres improvisées où ils font l’amour dans des chambres d’hôtel. C’est un peu répétitif mais amusant de voir les acteurs qui s’habillent, se déshabillent et se rhabillent sans arrêt. Le décor très efficace de Catherine Bluwal est composé de deux boîtes géantes, facilement maniables pour passer d’un lieu à l’autre. La lisibilité du spectacle tient également beaucoup aux vidéos de Christophe Grelie qui s’insèrent particulièrement bien, notamment lorsque les personnages se parlent au téléphone ou par webcam.

Mais voilà, Léon qui vient de divorcer ne veut pas reprendre la routine des concessions et des emmerdes de la vie à deux mais plutôt profiter du bon côté des choses uniquement. Il décide d’écouter les conseils de son ami (Stéphane de Groodt), qui n’est pas ce qu’on pourrait appeler un expert en relations sentimentales, et finit par dire à Anita qu’il est marié à une certaine Jacqueline. Jalouse, celle-ci s’invente un futur époux. Et ça se complique sérieusement ! L’intrigue est un peu légère mais pas triviale. Le texte est mince tout de même (on regrette le peu de rebondissements pour pimenter l’affaire) et véhicule certains clichés mais avec beaucoup d’humour. Alors, ne boudons pas notre plaisir car tout concourt au charme dans cette pièce : la musique de Michel Winogradoft, la mise en scène réaliste et cinématographique de Christophe Lidon, les seconds rôles (Françoise Lepine et Didier Brice) et surtout les deux acteurs principaux. Elodie Navarre est craquante et joue très bien. Stéphane Freiss est très crédible en séducteur élégant. Dès le début, il a l’œil qui frise, le sourire malin. Ils campent ce drôle de couple avec tendresse et mordant, à cela s’ajoute une pointe d’émotion qui nous ravie. On ne peut que se reconnaître dans cette comédie romantique moderne qui fonctionne bien car elle parle de nous.

Une comédie romantique, du mardi au samedi à 20H30, le samedi à 18H et le dimanche à 15H30, au Théâtre Montparnasse, 31 rue de la Gaîté, 14°. Métro Gaîté.01 43 22 77 74. www.theatremontparnasse.com/

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Christophe Candoni
Christophe est né le 10 mai 1986. Lors de ses études de lettres modernes pendant cinq ans à l’Université d’Amiens, il a validé deux mémoires sur le théâtre de Bernard-Marie Koltès et de Paul Claudel. Actuellement, Christophe Candoni s'apprête à présenter un nouveau master dans les études théâtrales à la Sorbonne Nouvelle (Paris III). Spectateur enthousiaste, curieux et critique, il s’intéresse particulièrement à la mise en scène contemporaine européenne (Warlikowski, Ostermeier…), au théâtre classique et contemporain, au jeu de l’acteur. Il a fait de la musique (pratique le violon) et du théâtre amateur. Ses goûts le portent vers la littérature, l’opéra, et l’Italie.

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