Théâtre

Une mine d’artistes dans les peintres au charbon

24 novembre 2010 | PAR Christophe Candoni

On connaît Lee Hall en France pour le célèbre scénario qu’il a écrit de « Billy Elliot », un film culte sorti en 2000 dont on retrouve en partie la thématique dans « Les Peintres au charbon ». Marion Bierry signe la mise en scène de ce joli texte qui raconte l’exceptionnelle rencontre de gens ordinaires, des travailleurs à la mine, avec l’art, ce qui va transformer leur vie. Le spectacle est donné au Théâtre Artistic Athévains.


Un groupe de mineurs suit des cours d’histoire de l’art sous l’autorité raillée, dans un premier temps, et la bienveillance du professeur Robert Lyons (Thomas Cousseau). Ils se méfient de cette expérience de « sensibilisation artistique », auraient préféré apprendre l’économie car « c’est plus utile dans la vie ». Ce parcours pour le moins atypique est pourtant inspiré d’un fait authentique. Il va être l’occasion de la naissance d’une véritable passion pour la peinture, d’une vocation même. Les mineurs se saisissent de pinceaux et de toiles et découvrent un moyen de projeter et d’exprimer leurs propres interrogations politiques et leurs réflexions sur leur condition d’homme, de travailleurs modestes et méritants. L’art agit alors sur eux comme un révélateur.

L’intrigue est naïve, prévisible, un peu consensuelle mais produit un discours qui paraît plus intéressant sur l’art en posant des questions importantes comme son accessibilité, sa démocratisation, son utilité, notamment lorsque la guerre éclate et que l’art devient une préoccupation bien vaine face à la mort d’un petit gars innocent (Arthur Vlad).

Les acteurs servent leur rôle avec empathie et conviction. Tous parviennent à rendre leur personnage vraiment attachant et pas seulement « gentillet ». Ils sont aussi drôles que touchants, surtout Bernard Ballet et Robert Bouvier.

Marion Bierry trouve dans un dispositif très simple et mobile un cadre unique pour représenter les divers lieux de la pièce. Quelques chaises et une table suffisent, des projections pour indiquer les ellipses temporelles. Elle propose une lecture claire, raconte bien ce qui est dit, sans grande inventivité mais avec une belle sensibilité. Elle a quand même signé des mises en scène plus inspirées.

Les peintres au charbon, jusqu’au 22 décembre au Théâtre Artistic Athévains. 45 bis rue Richard Lenoir (11 arr, M°Voltaire). 01 43 56 08 97.

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Christophe Candoni
Christophe est né le 10 mai 1986. Lors de ses études de lettres modernes pendant cinq ans à l’Université d’Amiens, il a validé deux mémoires sur le théâtre de Bernard-Marie Koltès et de Paul Claudel. Actuellement, Christophe Candoni s'apprête à présenter un nouveau master dans les études théâtrales à la Sorbonne Nouvelle (Paris III). Spectateur enthousiaste, curieux et critique, il s’intéresse particulièrement à la mise en scène contemporaine européenne (Warlikowski, Ostermeier…), au théâtre classique et contemporain, au jeu de l’acteur. Il a fait de la musique (pratique le violon) et du théâtre amateur. Ses goûts le portent vers la littérature, l’opéra, et l’Italie.

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