Théâtre

Tu seras un homme Papa, Thibault Amorfini met en scène les combats de Gaël Leiblang [Avignon Off]

Tu seras un homme Papa, Thibault Amorfini met en scène les combats de Gaël Leiblang [Avignon Off]

26 juillet 2017 | PAR Amelie Blaustein Niddam

Reprise 2018 : 17h25 à la Luna

Le festival d’Avignon se termine ce soir mais le OFF lui continue jusqu’au 30 juillet. Et il faut absolument profiter de ces quatre jours pour voir l’orchestration magnifique que le metteur en scène Thibault Amorfini a faite du drame qu’a vécu Gaël Leiblang, devenu pièce de théâtre. A voir à 11h15 au Ninon Théâtre.

Gaël Leiblang nous raconte son drame. En 2014, il est papa de deux filles, Sacha et Ava, sa femme est enceinte, tout se déroule bien, mais au moment de la naissance, le très frêle Roman, 1 kilo et 690 grammes, prématuré, se révèle être atteint du C.H.A.R.G.E, un syndrome d’anomalies congénitales extrêmement grave. Le bébé vivra 13 jours.

Pour mettre en scène ce deuil impossible, Thibault Amorfini, que nous avons si souvent vu sur scène, avec la Compagnie Les Treizièmes et dans le rôle de Monsieur Belleville, dirige ici ce seul en scène. Il y ajoute les filtres nécessaires qui permettent de fictionner cette réalité. Pour ce faire, et à la façon dont Sylvain Maurice faisait courir Vincent Dissez dans Réparer les vivants, il utilise tous les sports pour filer la métaphore des combats ingagnables. Le comédien est boxeur, coureur, escaladeur, rameur… et sa descente aux enfers se renferme dans les essoufflements de ce père que rien ne préparait à « ça ».

Mais rien ne prépare à l’idée que l’on peut mettre au monde un mort-vivant. Rien. Le son a ici une place importante, il nous délivre les vibrations des sms qui disent la joie de cette nouvelle naissance avant de ne parler que de cauchemars.

« Pas la peine de demander si c’est grave » disent ces parents confrontés à cette nouvelle insupportable et culpabilisante. Et le mot grave prend ici un sens très aride. Plus grave que grave. Tu seras un homme papa est du théâtre documentaire. Le genre est casse-gueule, interdisant parfois toute dramaturgie et toute critique, comme dans les spectacles de Stefan Kaegi. Mais ici, le metteur en scène a réussi à ne pas fusionner le personnage et l’acteur. Le récit est transmis de façon non empathique, comme dans un témoignage qui ne serait pas axé sur l’émotion.

On peut alors se mettre à sa place, entendre un récit qui ne serait pas étouffé par l’horreur de la réalité. C’est un travail d’orfèvre que d’arriver à être juste avec sa propre histoire, et c’est un métier que Gaël Leiblang et Thibault Amorfini maîtrisent à merveille.

Au Ninon Théâtre, relâche le 27, à 11h15, durée 55 minutes.

Visuel :  ©Veronique  Fel

 

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Amelie Blaustein Niddam
C'est après avoir étudié le management interculturel à Sciences-Po Aix-en-Provence, et obtenu le titre de Docteur en Histoire, qu'Amélie s'est engagée au service du spectacle vivant contemporain d'abord comme chargée de diffusion puis aujourd'hui comme journaliste ( carte de presse 116715) et rédactrice en chef adjointe auprès de Toute La Culture. Son terrain de jeu est centré sur le théâtre, la danse et la performance. [email protected]

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