Théâtre
La tragédie de Macbeth : Bélier-Garcia renoue avec Shakespeare

La tragédie de Macbeth : Bélier-Garcia renoue avec Shakespeare

16 mars 2018 | PAR Sarah Reiffers

Après s’être attaqué une première fois à l’oeuvre de Shakespeare en mettant en scène l’opéra de Verdi, Frédéric Bélier-Garcia propose à présent Macbeth version théâtre. Une création inégale, qu’il présente jusqu’au 23 mars au CDN Le Quai d’Angers, dont il est le directeur.

[rating=3]

Entre Frédéric Bélier-Garcia et Macbeth, c’est une longue histoire d’amour et de fascination. Après avoir adapté l’opéra de Verdi à Marseille et à Avignon, le metteur en scène propose une nouvelle version de l’oeuvre et cette fois-ci au théâtre. Le résultat est un spectacle inégal, dont les nombreuses forces s’étouffent sous les défauts.

Commençons par le positif. On ne peut que saluer le parti pris de Frédéric Bélier-Garcia de faire des Macbeth un couple d’un âge avancé. La pièce prend une signification nouvelle et plaisante : le combat de deux êtres qui, se rapprochant de la fin de vie, décident de réaliser leurs rêves et plans laissés inaccomplis. C’est ce « désir d’être quelqu’un d’autre que soi », de combler les insatisfactions avant la fin, que Bélier-Garcia choisit de dégager de l’oeuvre de Shakespeare. Par un jeu de lumière sa Tragédie de Macbeth s’ouvre sur la symbolique du temps qui passe, qui menace de s’achever et qui demande à être réctifié. Et puis, sa pièce est un véritable plaisir pour les yeux : aux décors somptueux viennent s’ajouter des lumières à dominante blanche, bleue et orangée, le tout prenant régulièrement des allures de tableaux.

De l’opéra, la pièce conserve certaines traces. Un choeur d’abord, constitué de trente-cinq comédiens, qui figure à tour de rôle une foule, des assassins ou encore des sorcières. Une certaine grandiosité des décors ensuite – peut-être un peu trop grandioses justement. Les comédiens semblent faire des kilomètres pour pas grand chose, comme si victimes d’une mauvaise gestion de l’espace. Et l’utilisation des rideaux pour masquer certains changements de décors ou faire la transition entre les actes est-elle vraiment nécessaire ? On en doute : il en résulte un sentiment de maladresse, et une rupture dans la fluidité de la pièce.

Mais le défaut principal de cette création reste le jeu médiocre de ses acteurs principaux. Si Stéphane Roger (Macbeth) s’améliore lorsque son personnage sombre dans la folie, Dominique Valadié (Lady Macbeth) reste figée dans un jeu qui tient plus de la récitation incertaine. On a beau y mettre du nôtre, les émotions ne passent pas. Et il restera de La Tragédie de Macbeth un souvenir trouble et mitigé, d’une création qui, comme Icare, s’est brûlée les ailes à vouloir aller un peu trop haut.

Visuels : Pascal Victor

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Sarah Reiffers

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