Théâtre
The Museum, la banalité du mal de Bashar Murkus au Festival d’Avignon

The Museum, la banalité du mal de Bashar Murkus au Festival d’Avignon

21 juillet 2021 | PAR Amelie Blaustein Niddam

Bashar Murkus signe au Festival d’Avignon, dans l’écrin des Pénitents Blancs, la pièce qui crée le plus de malaise de cette édition. On en sort troublé en se disant que ce geste-là va nous marquer longtemps.

La pièce est une production du Khashabi Theatre, un théâtre palestinien qui est basé à Haifa, en Israël. La pièce se joue en arabe et traite d’un sujet plus que central pour l’État hébreux : le terrorisme islamiste.

Ramzi Maqdisi campe donc le terroriste, il a, il y a sept ans, fait un attentat au-delà de meurtrier dans un musée : 49 enfants et leurs enseignants.

Henry Andrawes est son geôlier, celui avec qui il va passer ses dernières heures. La pièce est un ultra huis clos puisque les deux acteurs (merveilleux acteurs) évoluent derrière un filtre qui prend tout le cadre de scène.

En cinq actes, The Museum nous pousse dans un malaise extrême en nous mettant face à un cas plutôt inédit. Les terroristes généralement meurent avant d’être jugés. Mais lui a été arrêté et condamné à mort. Et comme « la loi est la loi », il a été jugé et a le droit à ses dernières volontés. 

Il n’a aucun remord. Il y a sept ans, il a pris un billet, fait la queue, et il a ouvert le feu. Il en est fier. L’autre a envie de le buter, mais comme la loi est la loi, il ne doit pas le faire, c’est à l’État de le faire.

Au fur et à mesure que la dernière nuit du condamné avance, le geôlier devient violent, abjecte face à ce connard, et nous on commence à lui en vouloir. Et à se dire que merde, c’est « tout de même » un homme. 

La pièce monte en tension sur fond de techno sanglante et d’opéra. « Casta Diva », le morceau si célèbre de la Norma de Bellini, enveloppe ce pas de deux de ses paroles. La tension grimpe, il y a des morsures, des menaces, du sang et la viande crue et on se demande, jusqu’où iront-ils ? Eh bien, jusqu’à l’humanité finalement.

Jusqu’au 25 juillet, à 14 heures et à 19 heures aux Pénitents Blancs. Durée 1h50.

Visuel : © Christophe Raynaud de Lage / Festival d’Avignon

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Amelie Blaustein Niddam
C'est après avoir étudié le management interculturel à Sciences-Po Aix-en-Provence, et obtenu le titre de Docteur en Histoire, qu'Amélie s'est engagée au service du spectacle vivant contemporain d'abord comme chargée de diffusion puis aujourd'hui comme journaliste ( carte de presse 116715) et rédactrice en chef adjointe auprès de Toute La Culture. Son terrain de jeu est centré sur le théâtre, la danse et la performance. [email protected]

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