Théâtre

Tailleur pour dames, un Feydeau revisité au Café de la Danse

Tailleur pour dames, un Feydeau revisité au Café de la Danse

03 février 2011 | PAR Floriane Gillette

Après sa tournée anglaise de La Fausse suivante, la compagnie Bordcadre revient sur les planches avec un classique du vaudeville : Tailleur pour dames, de Georges Feydeau, au Café de la danse.

 

Le docteur Moulineaux marié depuis six mois à la charmante Yvonne, éprouve une soudaine attirance pour une de ses patientes Suzanne Aubin. La belle, mariée, propose un rendez-vous galant au médecin, le soir du bal de l’opéra. Mais à cause d’un mari soupçonneux, elle se verra contrainte de lui poser un lapin. Moulineaux n’a plus qu’à rentrer chez lui, se glisser dans ses appartements avant que sa femme ne s’aperçoive de son absence. Un plan échafaudé à un détail prêt : le docteur a oublié ses clés et se retrouve à la porte de chez lui. Au petit matin, en plus d’être victime d’atroces courbatures, il doit se débattre avec ses mensonges et affronter Yvonne, sceptique à propos des activités nocturnes de son mari.

 

Tailleur pour dames date de 1821, c’est la première pièce en trois actes de Georges Feydeau qui, a seulement 21 ans connait son premier succès.  Tous les ingrédients du vaudeville sont réunis : femme ou mari trompés, amant caché dans le placard et quiproquos mais la mise en scène de Cécile Rist souffle un vent de fraîcheur sur ce classique. Sans dénaturer le texte, la compagnie Bordcadre dépoussière cette comédie en proposant une scénographie originale et transporte l’intrigue à notre époque. Le rideau s’ouvre avec un plateau nu et blanc. Une sobriété, qui rompt avec les codes du genre, et qui ne laisse jamais une impression de vide. Les comédiens s’emparent de l’espace et l’habitent jusqu’à devenir eux même des éléments du décor. Une mise en valeurs du plateau qui se prolonge dans la seconde partie de la pièce, avec un très joli petit appartement de couturière, cette fois-ci coloré et plus accessoirisé.

Cette scénographie est servi par un jeu dynamique et drôle. Le choix de placer l’intrigue à l’époque contemporaine enrichit le comique de situation, surtout lorsque la troupe pousse la chansonnette, avec un répertoire connu de tous : Girls des Beatles, C’est extra de Léo Ferré, Si maman si de France Gall… viennent de temps en temps ponctuer l’intrigue.  A ce propos, il faut souligner la qualités des prestations vocales des comédiens.

Au final, la proposition théâtrale de la Compagnie Bordcadre se présente comme un bon compromis entre pièce classique et mise en scène contemporaine.

 

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Floriane Gillette

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