Théâtre
« Stallone » au festival du TNB : un coup de poing dans la gueule du spectateur

« Stallone » au festival du TNB : un coup de poing dans la gueule du spectateur

11 novembre 2019 | PAR Julia Wahl

Dans le cadre du festival du TNB, Théâtre National de Bretagne, jusqu’au 17 novembre, Fabien Gorgeart et Clotilde Hesme revisitent les Rocky dans une mise en scène originale.

It’s the eye of the tiger…

Janvier 1983 : Lise, 25 ans, secrétaire médicale, reste interdite dans la salle de cinéma. Elle vient de voir Rocky 3, véritable uppercut qui la bouleversera à vie. Indifférente aux exégèses un rien condescendantes des amis qui l’accompagnent, elle rentre chez elle, prise d’une véritable fièvre. Eye of the tiger… La musique respire en elle. Quelques jours plus tard, elle achète la BO du film, démissionne et décide de reprendre ses études. De tout reprendre à zéro. Comme Rocky.

La mise en scène de Fabien Gorgeart, sobre, permet à Clotilde Hesme de donner toute la mesure de son talent. Un jeu sobre lui aussi, touchant sans jamais être mièvre, d’une grande force sans jamais être en force. Nous suivons Lise et les coups qu’elle se prend, suspendus aux lèvres et au visage de la comédienne, sans pouvoir échapper à cette aimantation. Le chemin d’une jeune femme dont l’idolâtrie n’est ridicule qu’aux yeux des internes arrogants, mais jamais du spectateur. L’actrice l’incarne avec une justesse et une finesse rares, face au public, micro à la main. Le texte, adapté d’Emmanuèle Bernheim, se déroule naturellement sous nos yeux, avec ses accrocs et ses déchéances, mais aussi ses succès.

Sur le plateau, le musicien Pascal Sangla donne la réplique à Clotilde Hesme, incarnant tour à tour ses amies et ses amants, et joue en direct la musique de Rocky, qui hante désormais la tête du spectateur autant que celle de Lise. Le jeu des lumières, discret, accompagne avec subtilité et efficacité le parcours de Lise et sa passion, qu’elle garde cachée comme une maladie honteuse, pour l’acteur américain.

A côté d’un texte efficace, dynamique comme le compte à rebours sur un ring de boxe, la pièce doit beaucoup à l’interprétation de son actrice. Tout, d’ailleurs, dans le dispositif scénique, nous invite à simplement écouter et contempler la comédienne. Jean et chemise blanche, sans apprêt ni artifice, elle nous embarque dans la filmographie de Stallone qui scande, année après année, la vie amoureuse et professionnelle de Lise. A voir absolument.

Crédits photo : ©Huma Rosentalski

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Julia Wahl
Après dix ans d'enseignement des lettres en lycée, je travaille actuellement à la compagnie de danse verticale Retouramont comme chargée de diffusion et de production. Auparavant, j'ai œuvré six mois à l'Action culturelle du Mouffetard-Théâtre des arts de la marionnette. A côté des ces activités professionnelles, je chronique régulièrement le cinéma, le théâtre et la politique culturelle pour Toute la Culture.

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