Théâtre
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Si, Viaggiare : la chic planète de Marco Berrettini

17 octobre 2011 | PAR Amelie Blaustein Niddam

Marco Berrettini est né en Allemagne de parents italiens. En 1978, il est champion de danse disco. De ce vivier où la musique pas encore kitch se mêle à des origines plurielles, l’ex danseur de Pina Baush devenu chorégraphe met en scène « Si, Viaggere » programmé au théâtre de la Bastille dans le cadre du festival d’Automne. Le spectacle interroge les relations humaines à l’heure des réseaux sociaux. N’imaginez rien, le résultat va vous emmener sur une autre planète.


« Laisse toi porter », c’est le conseil qu’un spectateur assis devant nous donne à un ami avant le début de ce spectacle faussement fou et absolument génial. « Si, Viaggiare » ose ici pousser les bonnes limites de la performance. En 2004, « Noparederan » avait clivé le Théâtre de la Ville en proposant un objet théâtral où les comédiens ne jouaient pas. Ici, le public sera également divisé.
La première image, grandiose, fait descendre un cosmonaute sur une planète rose en latex. Là, neuf personnes, casquées sont semblables mais ne se connaissent pas. Commence alors une phase d’apprentissage. Les uns toisent les autres, les touchent, tentent différents types de relation : amour, domination. Tous, ou presque, mais la nuance n’est pas veine, finissent à un moment par se rencontrer. C’est la voix de Whitney Houston qui vient toucher leur âme; avant un autre gourou qui lui, les mettra en transe.
Dans un déroulé qui enchaine les surprises dans une maîtrise totale de la folie, chaque scène, imprévisible, pousse plus loin encore les symptômes des relations humaines contemporaines. Le sujet est éculé mais le traitement est ici révolutionnaire. Pas de parole ou si peu, pas de danse, ou si peu. Alors, comment expliquer que ce spectacle fonctionne, suscite le rire, la tendresse et capte l’attention dans un rythme qui ne se relâche pas.
Cela réside dans une préparation assidue des gestes. Marco Berrettini raconte qu’il a passé six mois sur des sites de rencontres à raison de quatorze heures par jour. Il a demandé à chacun de ses interprètes de faire ses propres recherches. En résulte quelque chose de totalement nouveau qui vient nous raconter des choses limpides. Le spectacle pointe les temps de solitude et choisit de mettre en avant  » le moment où l’on décide de ne pas laisser passer l’occasion », celle d’aller à la rencontre de l’autre. On sort de là sourire aux lèvres, une certaine chanson en tête avec une envie pressante de parler à son voisin… Mais non, mais non, cette planète n’est pas hostile !

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Amelie Blaustein Niddam
C'est après avoir étudié le management interculturel à Sciences-Po Aix-en-Provence, et obtenu le titre de Docteur en Histoire, qu'Amélie s'est engagée au service du spectacle vivant contemporain d'abord comme chargée de diffusion puis aujourd'hui comme journaliste ( carte de presse 116715) et rédactrice en chef adjointe auprès de Toute La Culture. Son terrain de jeu est centré sur le théâtre, la danse et la performance. [email protected]

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