Théâtre
Salieri, le mal aimé de Dieu au Lucernaire

Salieri, le mal aimé de Dieu au Lucernaire

08 juin 2011 | PAR Yaël Hirsch

Après Pouchkine et bien sûr Milos Forman, le comédien Jean Hache prête ses mots, son allure et sa voix au rival malheureux de Mozart. Belle prestance, et choix intéressant de musique, mais le texte ne suffit pas à renouveler l’intérêt pour le compositeur.

Compositeur officiel de la cour de Joseph II, le musicien d’origine italienne Antonio Salieri était l’aîné de Mozart de six ans. L’arrivée de l’enfant prodige à la cour aurait rendu fou ce brillant ami de Haydn et Gluck, même si sa fameuse dernière année à l’asile psychiatrique date de 30 ans après la mort de Mozart…

Dans un décor sobre, tout droit sorti d’un tableau de Greuze, Jean Hache redonne vie au « mal aimé de Dieu ». Si la musique ne suit pas exactement la trajectoire de l’Amadeus de Mozart et donne un peu plus de Salieri à entendre (mais les interprétations choisies, certainement pour des questions de droit, sont assez médiocres), le texte, lui, redouble étrangement et sans flamboyance le discours du personnage-narrateur du film de Forman. Récitant son texte avec emphase et à l’ancienne, Jean Hache donne à son Salieri un caractère très français.  Un mi-chemin entre la rationalité d’un Pascal et l’anticléricalisme d’un Voltaire qui retire beaucoup de chair au personnage tel qu’il s’est marqué dans nos imaginaires. Là où le tchèque Forman avait sû faire sentir l’impétuosité italienne en pleine cour des Habsbourg et souligner l’originalité d’une inimitié passionnée, Hache oscille entre l’hypothèse de la folie, celle l’obsession sexuelle et celle du blasphème. Décousu, a-musical et souvent pontifiant, le texte perd la substance même de la légende Salieri, malgré certaines grandes qualités de mise en scène.

« Salieri, le mal aimé de Dieu », de et par Jean hache, mise en scène : Jean Hache et Roland Hergault, voix de Mozart : Emmanuel Ray, Cie Théâtre en Perche, 1h10.

 

 

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Yaël Hirsch
Co-responsable de la rédaction, Yaël est journaliste (carte de presse n° 116976), docteure en sciences-politiques, chargée de cours à Sciences-Po Paris dont elle est diplômée et titulaire d’un DEA en littérature comparée à la Sorbonne. Elle écrit dans toutes les rubriques, avec un fort accent sur les livres et les expositions. Contact : [email protected]

2 thoughts on “Salieri, le mal aimé de Dieu au Lucernaire”

Commentaire(s)

  • Camelin

    Quand on flingue un spectacle (surtout quand on le flingue), la moindre des choses pour susciter un tant soit peu de crédibilité est de n’y laisser aucune coquille. Y’a-t-il un SR dans cette rédaction ? Le fond du papier est ce qu’il est : je ne suis pas du tout d’accord avec ces propos mais qu’importe. Mon avis est ailleurs sur la toile, et sans faute d’orthographe…

    juillet 5, 2011 at 22 h 14 min
  • MOI

    Quel tissu de crétinisme, cette critique ! Vous attendiez quoi, d’un tel texte ? Qu’il soit joué en rap ? Si la valeur d’un tel spectacle vous échappe, restez devant TF1 au lieu de jouer les cultivés : on reconnaît les incultes à leur propension incoercible à citer inlassablement. Forcément, on a besoin de ce genre de soutien quand on ne sait que dire. C’est rien de dire que l’auteur de ce torchon a atteint les fonds de l’ignorance. Probablement qu’il continue même à creuser. Petite précision quand même histoire de ne pas vous coucher aussi idiot que vous vous êtes lever : Forman dans son film commettait une erreur énorme sur l’âge des personnages. Hache l’a rectifiée. Ce qui rend son spectacle forcément plus proche de la vérité que ce pensum pontifiant auquel il fallait refiler une moisson d’oscars parce qu’il durait trois plombes !

    juillet 8, 2011 at 15 h 06 min

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