Théâtre
Revivez la Révolution Française avec Maxime d’Aboville, au Poche-Montparnasse

Revivez la Révolution Française avec Maxime d’Aboville, au Poche-Montparnasse

29 octobre 2021 | PAR Geraldine Elbaz

Depuis le 21 octobre 2021 au Théâtre Poche-Montparnasse, Maxime d’Aboville s’est emparé avec fougue et panache d’un sujet historique ambitieux et flamboyant : La Révolution. Véritable mythe fondateur imprégné de passion, de libération, de cruauté mais aussi de poésie et de littérature, c’est à travers la plume des plus grands auteurs français du XIXè siècle que le comédien a choisi de nous raconter cet épisode épique et sanguinaire. Un grand moment de théâtre, porté par un comédien incarné.

Un comédien investi

Trois fois nommé aux Molière, il remporte le Molière du Meilleur Comédien en 2015 pour son rôle de majordome manipulateur dans The Servant, mis en scène par Thierry Harcourt. Depuis plus de dix ans, il interprète des rôles variés, joue des partitions plus ou moins complexes et incarne toujours avec brio et prestance ses personnages : Charlie Chaplin (Un certain Charles Spencer de Daniel Colas), Les Jumeaux Vénitiens (Goldoni), Garcin dans Huis-Clos (Sartre) et actuellement en tournée avec Dom Juan.

Pour ses leçons d’histoire de France, où il campait un professeur impétueux et exalté, le comédien avait déjà eu l’idée de reprendre les textes de Victor Hugo, Alexandre Dumas et Jules Michelet. Il revient avec un troisième volet historique dédié à La Révolution, écrit entre mars et juin 2020, pendant le premier confinement.

De la prise de la Bastille en 1789 à la chute de Robespierre en 1794, Maxime d’Aboville nous embarque dans une épopée, nous fait revivre ces pages de l’histoire à la fois tragiques et grandioses, marquées par l’abolition des privilèges, la chute de la monarchie et la Terreur. 

Mis en scène par le talentueux Damien Bricoteaux, avec qui il avait déjà collaboré en 2019 pour son monologue inspiré Je ne suis pas Michel Bouquet, le comédien nous offre une interprétation extraordinaire et nous sert un texte merveilleux. Au-delà d’une narration, il  joue La Révolution dans une implication totale, nous happe dans son récit ; il vit celle-ci littéralement. 

Une épopée captivante

« A la Bastille ! À la Bastille ! » On est mobilisé avec le peuple, on part à l’assaut de la forteresse, on ressent le soulèvement, l’insurrection générale mêlée de colère et de peur. La tension est palpable, tangible, rehaussée par une illustration sonore bien pensée. On vibre avec ces battements cardiaques en stéréo et nos corps deviennent caisses de résonance. On vit la fuite à Varennes (1791) depuis l’intérieur même de la voiture royale, périple chahuté où les émotions sont à vif. De l’audace, encore de l’audace, toujours de l’audace,  Danton est sur scène et déclame.

Les yeux et la voix du comédien nous hypnotisent. Son jeu est époustouflant. Devant son pupitre pour seul décor, d’Aboville plaide, les bras s’agitent, son regard se fait des plus intenses, presque fou. Ses mèches rebelles suivent le mouvement de son discours et l’on assiste à la naissance de la Convention Nationale. Puis on revit les derniers instants de Louis XVI, de Marat, de Robespierre. Plus l’événement est dramatique, plus le texte est éloquent. C’est à la fois sensible et violent, atroce et passionnant.

La scénographie sublime le propos. Le jeu de lumières crée une esthétique picturale où, à la lueur d’une bougie, dans une obscure clarté caravagesque, le moment devient intime. 

Passionnés d’histoire, curieux, amateurs, précipitez-vous pour découvrir un seul en scène magistral qui vous fera vivre la Révolution comme jamais.

 

La Révolution

D’après Hugo, Michelet, Dumas, Lamartine

De et par Maxime d’Aboville

Mise en scène : Damien Bricoteaux

Théâtre de Poche-Montparnasse

Jusqu’au 2 janvier 2022

Durée : 1h05

Visuel : (c) Pascal Gely

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Geraldine Elbaz
Passionnée de théâtre, de musique et de littérature, cinéphile aussi, Géraldine Elbaz est curieuse, enthousiaste et parfois… critique.

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