Théâtre

Rencontre avec Bruno Lobé, directeur adjoint de la Scène nationale d’Orléans « Je programme des choses que j’ai vues et que j’ai aimées »

12 mars 2013 | PAR Amelie Blaustein Niddam

Bruno Lobé est directeur adjoint de la Scène nationale d’Orléans, et c’est à Paris, autour d’un très sympathique thé à la menthe au sachet récalcitrant qu’il nous a parlé des Soirées performances, ce temps fort qui marque la programmation du théâtre autour du meilleur de la performance. Jonathan Capdevielle, François Chaignaud, ou encore Fanny De Chaillé seront de la fête.

La Scène Nationale d’Orléans est intégrée au théâtre d’Orléans qui comprend aussi un centre chorégraphique, c’est à s’y perdre !

Vous n’êtes pas la seule ! Mais pour le public à Orléans, cela ne compte pas, il faut simplement au théâtre d’Orléans voir ce qu’il s’y passe. Il y a un problème de circulation évident entre les programmations. Pour le dire rapidement, le Théâtre d’Orléans c’est le lieu qui est géré par la Scène Nationale d’Orléans donc qui gére l’ensemble des plateaux et des personnels. Il y a deux autres résidents permanents que sont le Cado qui fait une programmation théâtrale grand public le CDN dirigé par Arthur Nauziciel. Nous à la Scène Nationale on programme la musique, la danse, le cirque et la performance.

Pouvez-vous expliquer la différence entre une Scène Nationale et un Centre Dramatique National ?

Un CDN c’est vraiment un lieu dédié à un artiste, c’est un lieu plutôt de production qui aide la création de l’artiste ou d’autres artistes invités. La plupart du temps, ils ont une salle de spectacle où ils font une programmation. Mais leur programmation est une création en elle-même avec des choses extrêmement pointues. Une Scène Nationale est pluridisciplinaire, normalement, à part la nôtre, elle programme l’ensemble des disciplines, c’est souvent le plus grand théâtre de la ville. Elle doit donc ouvrir à des propositions un peu plus larges, mais elle a aussi une mission d’action culturelle et de co-production. Elle n’est pas dirigée par un artiste… normalement !

Pourquoi ce choix d’avoir une Scène Nationale qui diffère des autres ?

On programme tout sauf le théâtre. Le choix vient de l’histoire même du Théâtre d’Orléans qui a vécu toutes les étapes de la décentralisation. On est arrivé à cette situation un peu ubuesque : c’est la ville et l’état qui ont retiré la programmation théâtrale à la Scène Nationale pour qu’on comprenne bien que le théâtre c’est l’affaire du CDN et du Cado. Cela n’est pas sans poser problème entre la programmation extrêmement intéressante mais très pointue du CDN et la programmation très grand public du Cado. Pour le moment c’est comme cela mais on peut imaginer que cela va changer.

Quel est le lien entre Paris et Orléans ?

Les relations ne sont pas très fortes. Il y a eu sur les musiques du monde une proximité avec le Théâtre de la Ville. Ce n’est pas parce qu’un spectacle est présenté à Beaubourg ou au Théâtre de la Ville qu’il est programmé à Orléans. Pour ce qui est du public, cela est plus difficile. Pour la musique et la danse il n’y avait pas soucis. Le centre chorégraphique est dirigé par Josef Nadj, il est hors les murs, même si on le programme tous les ans à la Scène nationale. Il y avait des festivals d’arts contemporains, ils ont disparu. Il a fallu que le public se réapproprie le théâtre comme n’étant pas seulement un lieu de choses un peu consensuelles. On a fait beaucoup d’actions culturelles, on a fait des créations pour les amateurs, on est intervenus dans les établissements scolaires, et cela a marché, les salles sont pleines. Pour le moment on pense au public, on en est pas encore à faire des coups de première !

Parlez-moi des soirées performances.

Ça a commencé une année où on a présenté la pièce d’Angela Laurier, Deversoir et PPP de Phia Menard. Les deux spectacles étaient programmés en une seule soirée. On avait appelé ça « soirée performances ». Ce nom est resté, ce qui au départ concernait une soirée puis quatre, est devenu vraiment un temps fort. C’est aussi important pour le public de circuler en dehors de la Scène Nationale. Le festival se déroule sur plusieurs lieux.

Vous avez encore des enjeux de définitions concernant la performance ?

Oui, je me souviens d’un enseignant qui pensait trouver de la performance physique et qui fut surpris de sa soirée. Il y a des grandes pièces dans les soirées performances, et sous le prétexte de l’appellation, le public peut avoir l’idée de quelque chose d’expérimental alors que nous sommes face à des créations que l’on a vu sur toutes les grandes scènes d’Europe.

Vous avez l’impression d’une dichotomie ? Vous présentez des stars qui sont des inconnus pour d’autres, comment accompagnez-vous le public ?

L’année dernière on avait fait une conférence sur « Qu’est-ce que la performance ? » qui malheureusement avait peu mobilisé le public. On croit au temps. On pense que le public va accrocher. François Chaignaud est connu à Orléans, Alban Richard c’est plein. C’est en train de se faire.

Est-ce qu’il y a effet « label » ? Maud Le Pladec a été vue à Beaubourg, Jonathan Capdevielle a présenté Adishatz/ Adieu à la 25e heure à Avignon. Il y a toujours cette question de spectacles d’initiés. Est-ce qu’un « vu à Avignon » vous sert ?

Cela ne nous sert pas. On peut l’écrire dans le texte mais ce n’est pas cela qui marche. Par exemple, Jonathan Capdeveille est connu ici, le public a vu Jerk, il aura natruellement envie de voir autre chose venant de cet artiste

   Comment avez-vous choisi les spectacles ?

Avec le public, je fais attention. Je programme des choses que j’ai vues et que j’ai aimées. C’est une rencontre immédiate avec l’artiste, une mise à nu de l’artiste sur le plateau. La ligne c’est montrer des choses qui ne demandent pas d’être un grand intellectuel pour comprendre le sujet.

Une dernière question, pouvez vous conseiller un lieu que vous aimez ?

Alors, il faut aller manger à Combleux, c’est à 10 minutes d’Orleans, à La Marine. C’est un restaurant utlra romantique en bord de Loire. Idéal pour impressionner son copain ou sa copine..Et on y bouffe comme un chantre !

 

Crédit photo (Ludovic Bourreau).

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Amelie Blaustein Niddam
C'est après avoir étudié le management interculturel à Sciences-Po Aix-en-Provence, et obtenu le titre de Docteur en Histoire, qu'Amélie s'est engagée au service du spectacle vivant contemporain d'abord comme chargée de diffusion puis aujourd'hui comme journaliste ( carte de presse 116715) et rédactrice en chef adjointe auprès de Toute La Culture. Son terrain de jeu est centré sur le théâtre, la danse et la performance. [email protected]

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