Théâtre

Ramdam Collectif fait le BUZZ au Nouveau Théâtre de Montreuil

Ramdam Collectif fait le BUZZ au Nouveau Théâtre de Montreuil

19 janvier 2018 | PAR Amelie Blaustein Niddam

Le Nouveau Théâtre de Montreuil fait souffler un vent de fraîcheur sur le monde du spectacle avec un temps fort : l’âge des possibles, un mini-festival sur la génération des 15-25. Et la première pièce présentée est Buzz, du collectif belge Ramdam. Après tout, pourquoi le théâtre serait-il moins viral que des vidéos youtube ?

Tout commence normalement, comme dans une mise en scène de théâtre contemporain. Comme chez Julien Gosselin, un écrit nous attend : Satire : oeuvre dont l’objectif est une critique moqueuse de son sujet, souvent dans l’intention de provoquer ou prévenir un changement. Oeuvre où l’auteur attaque les vices et les ridicules de son temps. Puis comme chez Vincent Macaigne, les costumes sont décalés : un garçon en tutu, l’autre en slip, moon boots et manteau de fourrure, le troisième (et DJ) en dandy. Et honnêtement, on se laisse faire face à une variation autour de Tchekhov tout a fait crédible.

Mais pas du tout. Ramdam a décidé de mettre un gros bordel dans la salle Maria Casarés blindée de groupes de lycéens hier soir. Leur objectif : sortir le théâtre des salles pour faire le buzz. Alors non, ils ne suivent pas Olivier Py et son idée d’amener les plateaux dans des zones éloignées de la culture. Ils décident d’amener le théâtre là où il peut être vu : sur Internet.

Avec un dispositif foutraque, à la fois vidéo et participatif, ils déroulent comme des conférenciers, les points clés qui mèneront au succès. Comme les meilleurs consultants des boites de com’ ils assène chiffres et baseline. Quand on y pense, le christianisme est un buzz qui a fait deux milliards de fidèles en 15 siècles; quand « Gangnam Style » a lui fait deux milliards de vues sur Youtube en deux semaines. Cela fait tilt chez ces jeunes gens.

Evidemment, et pour le coup, le petit mot du départ était très sérieux, tout n’est que satire ici de notre société de consommation qui a déjà oublié le « Harlem Shake » et qui hier aura été ravi de le faire (ces fous ont tout de même déguisé tout le public, avec perruques, dauphins gonflés et autres masques de monstres ( Marine Le Pen, Poutine…).

Le collectif est très bon, ces comédiens jouent à merveilles et nous offrent en réalité, une leçon théâtre : passer de l’ultra rire aux larmes, faire croire à une explosion. Tout fonctionne, tout est faux mais tout semble vrai; comme ce garçon qui hurle sur internet de laisser Britney tranquille.

Il y a chez Ramdam des accents de l’Encyclopédie de la Parole, le travail de Joris Lacoste et Emmanuelle Lafont qui compilent les sons pour les rendre témoins d’un temps. Ici, internet et l’étrangeté de certaines viralités sont passées au crible. C’est juste, frais et militant. Car en matière d’école du spectateur, le collectif aura hier rendu addict au théâtre 130 gamins qui ont filmé (avec autorisation des acteurs !) et posté les moments déments du spectacle sur facebook. Sur cette page-là. Suivez-les !

Le festival lui, se poursuit jusqu’au 16 février, tout le programme est ici.

Photo ©cgoldo

 

 

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Amelie Blaustein Niddam
C'est après avoir étudié le management interculturel à Sciences-Po Aix-en-Provence, et obtenu le titre de Docteur en Histoire, qu'Amélie s'est engagée au service du spectacle vivant contemporain d'abord comme chargée de diffusion puis aujourd'hui comme journaliste ( carte de presse 116715) et rédactrice en chef adjointe auprès de Toute La Culture. Son terrain de jeu est centré sur le théâtre, la danse et la performance. [email protected]

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