Théâtre

Price, le conte initiatique insipide de Rodolphe Dana

Price, le conte initiatique insipide de Rodolphe Dana

17 novembre 2017 | PAR Amelie Blaustein Niddam

Pour sa première mise en scène en tant que directeur du Théâtre de Lorient, l’ex Possédé Rodolphe Dana a choisi d’adapter Price, le best-seller du premier roman de l’écrivain et scénariste américain d’origine serbe, Steve Tesich. Un spectacle collé à une forme classique, qui pose question.

Après sa création à Lorient début novembre, Price arrive donc à Paris, au T2G. On retrouve avec envie celui qui a fondé le collectif Les Possédés en 2002, et qui a, avec cette aventure au plateau, proposé des spectacles qui ont fait date : Platonov, et récemment Coup droit lifté de Marcel Proust, et  Voyage au bout de la nuit de Céline. On retrouve avec envie également, le compagnon de toujours, Simon Bakhouche, figure clé des Possédés et de l’Avantage du doute.

Price nous raconte, à l’ancienne, l’histoire de Daniel Price, anti-héro parfait qui rate sa vie. Il passe à côté de la médaille d’or au baseball, voit son père malade, sa petite amie partir et son cercle d’amis se disloquer. Sur le papier, la « lose » peut créer des choses géniales, les petites vies, les précarités du quotidien font spectacle, ce n’est pas Joël Pommerat qui dira le contraire.

Mais rien ne fonctionne ici. L’écriture au plateau semble inexistante alors qu’elle est l’essence même du travail de Dana. On a la sensation d’être dans une parodie de série américaine, sauf que ce n’est pas une plaisanterie. Les comédiens (Simon Bakhouche, Grégoire Baujat, Inès Cassigneul, Rodolphe Dana, Françoise Gazio, Antoine Kahan, Lionel Lingelser), tous en sur-jeu ont l’air d’être doublés comme dans un épisode des Feux de l’amour. La langue est française, mais la syntaxe est américaine. On taira les costumes gênants, et la lumière compliquée.

La proposition est alors incompréhensible. Pourquoi avoir choisi ce texte ? Pourquoi avoir dirigé les comédiens à la façon d’un mauvais soap ?  S’attaquer à un roman d’apprentissage comme première mise en scène en tant que directeur de CDN était risqué. La spontanéité si chère aux Possédés, les improvisations qui gardées et inscrites deviennent des gestes à la chair encore fraîche… tout cela n’est pas dans Price, une pièce où tout est échec, à l’image de la vie du personnage principal. Le décor de série B en carton-pâte, les meubles sur roulettes, la musique évidente… On ne peut qu’être triste de cet échec. Les premières fois ne sont pas les meilleures, on le sait, on pardonne.

Visuel :©Jean-Louis Fernandez

 

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