Théâtre
« Paradis » : l’ode à la liberté perdue

« Paradis » : l’ode à la liberté perdue

13 décembre 2021 | PAR Clémence Duhazé

Sonia Chiambretto et Yoann Thommerel s’associent encore une fois à travers la création de Paradis, une pièce touchante qui invite à la réflexion sur le destin des réfugiés syriens, et de ceux qui n’ont jamais pu obtenir d’asile. 

Ce n’est pas explosif ni grandiose. C’est autre chose. Une pièce qui se déroule comme un petit feu d’hiver, ayant trouvé foyer à l’intérieur de chaque spectateur ; et qui ne s’éteindra jamais plus. Sonia Chiambretto se tient en narratrice, presque effacée, qui raconte de façon monotone le début de cette (grande) aventure : le festival littéraire de Manosque, le micro refusé à ce garçon syrien qui semblait avoir tant de choses à dire, sa volonté farouche de le retrouver pour lui donner la parole… Un contraste s’installe, entre nos vies occidentales un peu décalées du monde, et celles brûlées au fer rouge des Syriens en pleine révolution : « Je ne sais pas si toi, là, devant moi, tu arrives à sentir cette idée« . Cette idée que les murs écoutent et que les rêves peuvent tuer.

Les thèmes abordés s’entremêlent avec beaucoup de justesses : la communication malgré la barrière de la langue, l’indispensable liberté, la difficulté de trouver refuge… Le rythme, plutôt lent, donne la place à ce qui compte vraiment. Alors, la souffrance des hommes devient palpable, elle prend étrangement vie quand les comédiens Ada Harb et Rami Rkab se mettent à chanter. Et plus le temps passe, plus on commence à toucher du doigt l’essentiel : Paradis n’est pas une pièce facile, encore moins simpliste. Non. Elle est humble. Parce qu’il faut se faire si petit devant le si grand message que Sonia Chiambretto devait porter sur scène.

Paradis, de Sonia Chiambretto et Yoann Thommerel. Avec Ada Harb, Rami Rkab, Pierre Maillet et Marcial Di Fonzo Bo. Durée : 55min. 

Visuel : © Alban Van Wassenhove 

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Clémence Duhazé

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