Théâtre

« On voudrait revivre » : un spectacle hybride et audacieux autour des chansons de Gérard Manset

« On voudrait revivre » : un spectacle hybride et audacieux autour des chansons de Gérard Manset

26 novembre 2018 | PAR Jean Emmanuel P.

La comédie de Reims vient de présenter la création « On voudrait revivre », un spectacle autour de la musique et des textes du chanteur Gérard Manset, avec Léopoldine Hummel (plus connue sous le nom de Léopoldine HH) et Maxime Kerzanet. On y retrouve tous les standards de Gérard Manset, mais aussi et surtout une poésie envoûtante. Le spectacle part en tournée prochainement.

 

 

Voilà un spectacle bien singulier que nous propose les deux comédiens, Léopoldine et Maxime de leur prénom, et Chloé Brugnon à la mise en scène. On avait fait leur découverte à travers leur premier album « Blumen in Kopf » (fleurs en pot) de Léopoldine HH, dont on avait déjà remarqué les aspects à la fois déroutant, original et déjà théâtral, sorti en 2016 et récompensé par le Prix Moustaki.

Cette création de la Comédie de Reims, où plusieurs histoires se mélangent et où émergent des images fantastiques, devrait en étonner plus d’un. Accordant une place à l’improvisation, le spectateur s’interroge dès le début de spectacle, quand Maxime, seul en scène, commente : «  ce n’est pas commencé, vous le sentirez, c’est un spectacle sur un chanteur, Gérard Manset qui n’aime pas faire de concert, c’est peut-être une erreur ce spectacle… ».

Ce spectacle n’est « ni un concert ni tout à fait du théâtre », une sorte de spectacle hybride, qui associe «  musique, théâtre et processus de création », comme l’explique Chloé Brugnon, « une sorte de voyage à travers l’univers poétique de cette figure de la chanson française » , qu’est la chanteur Gérard Manset.

Le point de départ de ce spectacle est la découverte en 2012 par Léopoldine et Maxime d’une des chansons de Gérard Manset, « Revivre », dans le film «  Holy Motors »  de Léo Carax. Ils ne connaissaient pas Gérard Manset à l’époque. Il faut dire que cette artiste passe très peu à la radio et encore moins à la télé, même si quelques extraits sonores figurent dans le spectacle.

Léopoldine et Maxime font un premier spectacle musical, avec des reprises de chansons, réarragangées et interprétées par les deux comédiens, et accompagnées par la diffusion de certains audios de Manset. Ils prolongent ensuite cette aventure et en font une maquette sonore, une sorte de concept « façon Manset » à l’image du chanteur qui remixe et réarrange ses morceaux à l’envi. C’est de cette matière que Chloé Brugnon part, en reprenant leurs enregistrements, les paroles des standards de Manset (Il voyage en solitaire, Lumières, Elégie funèbre, Vies monotones…), et quelques interviews du chanteur pour en faire une nouvelle matière théâtrale.

Le spectateur entre alors dans un univers poétique envoûtant, où il est question de voyages, d’animaux, de Nerval, de sardine, de mélancolie heureuse… Alors on se demande ce qu’en penserait Gérard Manset. On apprendra un peu plus tard – en off, après le spectacle – qu’il n’a pas encore vu le spectacle même si il a donné ses encouragements (viendra-t-il d’ailleurs voir le spectacle lors d’une de ses représentations en région parisienne…), et comme le dit Claire Brugnon « on a inventé notre Gérard, et tant mieux si les fans de Manset apprécient, et surtout si cela donne envie de le découvrir » ou de le réécouter. Pari réussi.

Alors non, ce spectacle n’est pas une «  erreur » , et le final autour de la chanson « Comme un Légo » nous transporte et se conclut en apothéose. Un régal.

 

Distribution : On voudrait revivre, à partir des textes et musiques de Gérard Manset, Jeu et création musicale : Léopoldine Hummel et Maxime Kerzanet, Production : Compagnie Claire Sergent, Coproduction : La Comédie de Reims, le Théâtre Antoine Vitez (Ivry-sur-seine), Cie Science 89 (Nantes)

En tournée : les 27 et 28 novembre à Nantes (Salle Vasse), le 30 novembre et le 1er décembre à Ivry sur Seine (Théâtre Antoine Vitez), les 15, 16, 18 et 20 janvier 2019 à Paris (Théâtre de l’Opprimé), les 7 et 8 février à Homécourt (Centre Pablo Picasso, les 14 et 15 mai à Epernay (Salmanazar)

Photo : rédacteur

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Jean Emmanuel P.

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