Théâtre
On a fait tout ce qu’on a pu, mais tout s’est passé comme d’habitude… dans la jungle des sub’ avec Philippe Fenwick

On a fait tout ce qu’on a pu, mais tout s’est passé comme d’habitude… dans la jungle des sub’ avec Philippe Fenwick

10 juillet 2013 | PAR Amelie Blaustein Niddam

C’est l’histoire d’une histoire folle qui est tellement folle qu’elle parait invraisemblable. C’est l’histoire d’une histoire folle qui est tellement folle qu’elle est bien sûr vraie. Philippe Fenwick raconte, en cirque et en mots, les 1300 jours d’épopée nécessaire à monter son projet théâtral.  Foutraque et tendre à souhait !

Sans titreLe spectacle se donne dans la Pinède de Villeuneuve en Scène, ce festival pile à la jonction du In et du Off, qui vous fait sortir avec joie de la folie d’Avignon. L’endroit rêvé pour celui qui a imaginé un spectacle itinérant partant de Brest pour Vladivostock. En 2008, Philippe Fenwick perd son père et décide de se lancer dans une aventure de création. A lui les tracassements administratifs. Il n’est pas monsieur K mais presque, à la recherche d’un bureau A dont les locaux semblent se volatiliser.

Dans son idée folle, ce Don Quichotte embarque Anna, la femme de sa vie, et son inconscient, sur le divan rouge, quand il ne prend pas la forme de la circassienne Sarah-Louise Schwarz. Elle danse sur un fil, s’accroche à une corde, dompte un cochon, tout est bon ( ! ) pour signifier la folie. Lui joue son propre rôle avec passion, délivrant un texte extrêmement bien écrit, dans la veine directe et acide d’un Vous plaisantez monsieur Tanner de Jean-Paul Dubois.

Sur ce plateau de fortune, entouré de caravanes, un Dj les accompagne dans une sonorisation qui amplifie les voix et les ambiances d’enfermement. Entre espoir et déception, folie et mésaventures, le spectacle dresse un juste portrait du parcours du combattant que n’importe quelle compagnie doit affronter pour tenter un jour de ne pas jouer seulement devant les copains, et de, tiens, pourquoi pas… »faire » Avignon ! Lui a déjà une carrière, a publié chez Actes-Sud, et pourtant, il nous apprend qu’il faut toujours recommencer à zéro et espérer qu’un expert vous trouvera à la bonne taille pour sa bonne case.

On rit noir dans ce spectacle faussement léger, mais on rit beaucoup, cela conserve les rêves intacts.

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Visuel : (c) Philippe Fenwick

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