Théâtre
Mission Florimont: une comédie chevaleresque

Mission Florimont: une comédie chevaleresque

19 mai 2011 | PAR Geraldine Lance

Au temps de François Ier, Florimont de la Courneuve est chargé par le Roi en personne d’apporter un acte d’alliance à l’empereur Ottoman… Comédie burlesque mêlant temps des rois et actualité du XXIème siècle, Mission Florimont arrive simplement à faire rire toute la salle ! Cette pièce de cape et d’épée est délirante et vous allez vite tomber dans leur potion !

L’histoire : 1534. Le roi de France, François 1er, est acculé de toutes parts. Son ultime espoir : Florimont de La Courneuve, le meilleur de ses agents secrets… enfin de ceux qui lui restent… ou plutôt, le seul qui lui reste.Objectif : Constantinople. Pour y obtenir l’alliance de Soliman le Magnifique. Ses adversaires : des mercenaires plus terrifiants que des compagnies d’assurances, des traîtres espagnols, à la solde de Charles-Quint, qui sentent les tapas à plein nez et même une femme au bonnet M.Florimont parviendra-t-il à éviter tous ces dangers ? Réussira-t-il sa mission ? Sommes-nous toujours obligés de poser ce genre de questions dans un pitch ? Pour toute autre demande, ne quittez pas, un opérateur va vous répondre…

Le ton est immédiatement donné par une troubadourette qui nous brosse avec finesse et humour, le tableau de la situation. Quand elle s’efface apparaît le roi de France François 1er en train de poser pour un peintre italien et pour la postérité. La quiétude de cette scène est bientôt brisée par l’arrivée d’un conseiller porteur d’une sinistre nouvelle. La situation du royaume est grave. François Ier en a gros sur la patate : son ennemi juré, Charles Quint, a éliminé tous ses agents secrets un à un. Il lui en reste bien un dernier, mais il est tellement mauvais qu’il semble peu probable qu’il arrive à mener à bien la mission permettant la création d’une alliance avec Constantinople – seule chance de sauver le royaume de France. N’ayant pas d’autre choix, il délègue pourtant à Florimont de la Courneuve cette lourde responsabilité : le pas très vaillant chevalier se lance donc dans un périple qui le dépasse totalement…

Nous voici alors partis pour pratiquement deux heures d’une fantaisie héroï-comique totalement débridée et désarçonnante.En fonction des situations et des péripéties du périlleux voyage de Florimont, trois des comédiens interprètent une multitude personnages tous plus hauts en couleurs les uns que les autres. La mise en scène est ingénieuse, vive, sans aucun temps mort. On rit sans arrêt. Les gags se succèdent, truffés de savoureux anachronismes et de clins d’œil à l’actualité. C’est du grand n’importe quoi mais parfaitement assumé et parfaitement maîtrisé. C’est truculent à souhait, gaillard sans jamais être vulgaire, délicieusement impertinent et irrévérencieux, gentiment anticlérical… Cet avatar moyenâgeux est servi par un quintette de doux dingues qui ne reculent devant aucune facétie. Pour eux, le ridicule est un apostolat. Ils y vont à fond et ils ne sont jamais grotesques. Ils sont réellement tous épatants. Il est impossible d’énumérer les trouvailles qui fourmillent dans cette pièce absolument désopilante. Et, en plus, ils portent de fort jolis costumes ! Ce qui ajoute encore au décalage, voire à l’exotisme. Sans compter quelques effets spéciaux dignes d’une superproduction.

Plusieurs scènes sont particulièrement réussies. Le pape rock’n’roll accompagné de son duo de cardinaux est joyeusement insolent. Les incursions moqueuses dans la comédie musicale sont très bien vues et permettent des ruptures de ton enlevées. Et lorsque Florimont se fait incarcérer, on se régale de la prestation de ses compagnons de cellule, deux « figurants russes » absolument hilarants !

Mission Florimont possède tous les ingrédients – et même au-delà – d’un succès théâtral Cette pièce joue la carte du décalage, des jeux de mots et de l’anachronisme. Un genre ludique qui se base sur un enchaînement incessant de gags et une montée en puissance dans le délire scénique. Et quelle leçon d’histoire. Cette comédie a le mérite de mettre en lumière un de nos héros les plus méconnus et puis la dextérité et la maîtrise de tous les personnages par seulement les 5 acteurs sont impressionnantes Il s’agit donc d’un excellent moment, drôle et inhabituel dans le genre. Mission accomplie, Florimont. Florimonty Python ? Il y a de ça dans ce cocktail très réussi de non sens, de burlesque, de folie, d’irrévérence, de satire.

Mission Florimont de Sacha Danino et Sébastien Azzopardi, mise en scène de Sébastien Azzopardi, Théâtre Tristan Bernard. Avec : Sébastien Castro, Julie Victor, Guillaume Bouchède, Erwan Creignou, Olivier Soliveres

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Geraldine Lance

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