Théâtre

Me too I’m Catherine Deneuve, Pierre Notte en VO aux Dechargeurs

Me too I’m Catherine Deneuve, Pierre Notte en VO aux Dechargeurs

24 avril 2012 | PAR Amelie Blaustein Niddam

Le théâtre les Déchargeurs accueille jusqu’au 28 avril un cabaret décalé de la Trap Door Theater de Chicago, troupe alternative de la grosse ville. Les voilà à Paris dans un texte à l’humour acide de Pierre Notte aux références 100% françaises. La traduction et l’adaptation en anglais pouvait inquiéter, elle est une réussite totale.

Dans un appartement années cinquante, une dame passe l’aspirateur. Dans la cuisine, table Formica et Frigidaire Smeg, une jeune femme a l’air ailleurs, elles sont mère et fille et cela semble compliqué. Bientôt la jolie blonde vrille et décide de devenir « Deneuve définitivement « , surgira une autre sœur, brune, qui se découpe en chantant et plus tard un fils amoureux des armes à feu. La mère elle patauge sur fond de chansons tristes le départ de son mari.

Dans cette famille détruite par l’absence du père, le public touche de près la tragédie de l’intime. Les comédiens et Gary Damico au piano empoignent la langue corrosive de l’auteur. Loin de mettre de la distance, l’anglais apporte une autre vivacité aux mots fins de cet orfèvre de la parole. Les comédiens excellent dans un jeu dirigé par valery Warmotte qui intègre parfaitement les nuances de l’humour noir et le mélodrame anti bling-bling.

Dans toute pièce de Pierre Notte, on chante, on joue de la musique. Sadie Rogers, voix de diva et corps de pin-up joue les artistes du fond de la cave, égrainant des textes rire-au-larme tandis qu’ Holly Thomas est la Deneuve, celle à qui on offre tout, à qui on ne refuse rien. Deux filles, une brune une blonde, deux folles. Elles sont les deux versants d’une même personne : leur mère, celle qui fut, chanteuse et aimée.

La pièce ne glisse jamais dans un théâtre de l’absurde, c’est avec la schizophrénie de l’usuel que Pierre Notte lave son linge sale en famille. Les névroses laissent places aux psychoses dans ce huit clos où rien ne peut bouger. Les personnages sont fortement attachants en même temps qu’ils inquiètent. Leurs honnêtes folies les rendent captivants.

Qui dit Catherine Deneuve, dit Peau-D’ Ane, alors, qui sait, autour d’un gâteau d’amour, peut être que tout finira bien … De références cinématographique en chansons joyeusement tristes, la troupe offre un spectacle à la tendance kitsch résolument chic où chaque geste est bien mené.

N’hésitez pas à pousser la porte du cabaret du Trap Door Theater, normalement lieu caché entre un restaurant et une cuisine dans le quartier de Buctown, qui vient se nicher dans la petite rue des Déchargeurs, coincée entre Rivoli et la Place Sainte Opportune. Il y a comme un air de ressemblance et c’est peut-être cela qui fait que cette troupe est la plus parisienne des américaines. Go !

Visuel (c) : Trap Door Theater

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Amelie Blaustein Niddam
C'est après avoir étudié le management interculturel à Sciences-Po Aix-en-Provence, et obtenu le titre de Docteur en Histoire, qu'Amélie s'est engagée au service du spectacle vivant contemporain d'abord comme chargée de diffusion puis aujourd'hui comme journaliste ( carte de presse 116715) et rédactrice en chef adjointe auprès de Toute La Culture. Son terrain de jeu est centré sur le théâtre, la danse et la performance. [email protected]

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