Théâtre

Mademoiselle Julie d’August Strindberg au Poche Montparnasse

Mademoiselle Julie d’August Strindberg au Poche Montparnasse

23 février 2018 | PAR David Rofé-Sarfati

Mademoiselle Julie,  la pièce de Strindberg  écrite en 1889 est mise en scène par Nils Ohlund dans une efficace scénographie au Poche Montparnasse autour d’une magnifique Jessica Vedel dans le rôle titre. 

Huis Clos tragique.

Nous sommes dans la cuisine d’un château. La cuisinière prépare le repas de son fiancé, le valet de la maison. Les sons de la fête donnée au château se font entendre. Au sein de cette nuit magique et au milieu de cette cuisine, une autre danse va être conduite par Julie, la jeune aristocrate de la maison. Dans l’ivresse de cette nuit de la fête de Midsommar (la saint-jean), la confrontation va advenir entre Julie, jeune aristocrate capricieuse, certaine de son pouvoir de séduction et éprise de liberté, et le valet secrètement amoureux d’elle et qui voit en elle la possibilité de sortir de sa condition sociale. Le dispositif scénique en double frontal, le décor épuré et le choix de réduire à son minimum l’usage d’accessoires, obligeant les comédiens à mimer les objets, réussissent à transformer la petite salle du Poche Montparnasse en l’endroit d’un huis clos hypnotisant; nous sommes dans une extra-territorialité et hors du temps.

Une pièce terrible sur les assignations.

Le texte de Strindberg raconte la fatalité des assignations, celle sociale mais aussi l’assignation à résidence des personnes dans leur histoire intime et leur genre.  Chez Strindberg on naît homme femme, pauvre ou riche et ceci vous soumet à une pesante et incontournable prédestination. L’ordre établi est une machine à broyer les êtres. Ainsi, plus la nuit avance et plus le piège va se refermer sur les envies d’insurrection de Julie ou de Jean. À l’aube, le comte rentre chez lui et le désespoir absolu va s’abattre sur le couple diabolique.

Nils Ohlund propose une lecture juste de la nouvelle. Il attrape la pièce entre un naturalisme politique et une allégorie sociologique. Jamais les personnages ne sont « psychologisant » en même temps que par une légère déréalisation ils sont les figures d’une parabole. À cet égard, le jeu des acteurs est excellent, en particulier celui de Jessica VEDEL qui défend une Mademoiselle Julie envoutante entre réalité et songe.

 

Crédit photos André Muller

Mademoiselle Julie
August Strindberg
mise en scène: Nils Ohlund
avec Jessica VEDEL, Carolina Pecheny, Fred Cacheux ou Nils Ohlund (vu avec Fred Cacheux)
Théâtre de Poche Montparnasse
jusqu’au 18 mars
du Mardi au Samedi à 21h et le Dimanche à 15h.

Infos pratiques

Cité de l’Architecture et du Patrimoine
Flaq
Billetterie du Poche-Cedric

Publier un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *