Théâtre

Luc Bondy nommé directeur du théâtre de l’Odéon

08 avril 2011 | PAR Christophe Candoni

Olivier Py présentera dans quelques semaines ce qui sera sa dernière saison à la direction du théâtre de l’Odéon puisqu’il vient d’avoir ce soir la confirmation du ministre de la culture qu’il ne sera pas reconduit. Ce n’est pas une surprise, l’information a été dévoilée il y a près d’une semaine par la journaliste culturelle du Figaro Armelle Héliot sur son blog, c’est Luc Bondy qui est choisi par Frédéric Mitterrand pour le remplacer. La réaction du comité d’administration qui, sur la défensive, faisait mine de faire l’autruche ne présageait rien de bon pour Olivier Py dont le mandat se termine en mars 2012.

Luc Bondy, figure importante et grand metteur en scène dont la réputation internationale dans les milieux théâtraux et opératiques n’est plus à prouver, aura pour but de renforcer « la dimension européenne du théâtre de l’Odéon » annonce le ministère de la culture. Né en Suisse, à Zurich, en 1948,  il a passé son enfance et son adolescence à Paris. Il a toujours mené sa carrière aussi bien en France qu’en Allemagne, a présenté ses spectacles à Hambourg, Francfort, Cologne, et Berlin où il codirigeait, de 1985 à 1987, la Schaubühne après le départ de Peter Stein. Depuis 2001, il dirige le Wiener Festwochen. Chez nous, il connaît de nombreux succès aux Amandiers-Nanterre, notamment invité pendant les années Chéreau pour une pièce de Schnitzler et « Le Conte d’hiver » de Shakespeare dans la traduction de Bernard-marie Koltès. Dernièrement, il y a donné « La seconde surprise de l’amour » de Marivaux avec Clotilde Hesme et Micha Lescot, également à l’affiche des  » Chaises » de Ionesco en début de saison et nommé aux Molières, deux spectacles absolument magnifiques.

L’Odéon est un théâtre qu’il connaît bien, il y a présenté des productions remarquées : « Phèdre » de Racine, « En attendant Godot » et plus récemment Viol avec Marina Foïs aux Ateliers Berthier.

Le passage ambitieux d’Olivier Py, poète, acteur et metteur en scène, à l’Odéon aura été placé sous le signe du verbe, de la nécessité de faire entendre les grands textes, fondateurs, classiques comme modernes, avec la forte conviction et l’audace de développer une vision de la culture démocratique et festive. Il a choisi de mettre à l’honneur des écritures dramatiques contemporaines grâce à l’invitation annuelle d’un auteur associé à la saison (Howard Barker, Dimitriadis, Novarina cette saison) et d’accompagner fidèlement des metteurs en scènes français et européens qui comptent grandement aujourd’hui comme Pommerat, Sivadier, Ostermeier et Warlikowski, ainsi que des artistes en devenir avec la création du festival « Impatience » dont la vocation est de mettre en avant le travail de jeunes compagnies. Il a ouvert les portes du théâtre pour l’inscrire en perpétuelle réaction à l’actualité du monde, a multiplié les rencontres publiques et les manifestations à la conquête d’un public nouveau (avec une programmation jeune public particulièrement soignée) et toujours nombreux.

Voilà un trop bref résumé artistique et institutionnel d’Olivier Py qui, fort de son bilan très positif, était candidat à sa propre succession pour briguer un deuxième mandat à l’Odéon. Il a été reçu ce vendredi soir par Frédéric Mitterrand qui lui a annoncé sa non reconduction à la tête du théâtre en rendant toutefois « hommage au remarquable travail accompli par le metteur en scène et par l’ensemble des équipes du théâtre de l’Odéon, en l’assurant de son souhait d’envisager prochainement avec lui d’autres fonctions » selon une dépêche de l’Afp.

Après les reprises des magnifiques « Illusions Comiques » et du « Soulier de satin » de Claudel, sa mise en scène époustouflante de « L’Orestie », les créations des « Enfants de Saturne » et d’ »Adagio » diversement appréciées, Olivier Py proposera en ouverture de la saison prochaine une mise en scène de « Roméo et Juliette » de Shakespeare.

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Christophe Candoni
Christophe est né le 10 mai 1986. Lors de ses études de lettres modernes pendant cinq ans à l’Université d’Amiens, il a validé deux mémoires sur le théâtre de Bernard-Marie Koltès et de Paul Claudel. Actuellement, Christophe Candoni s'apprête à présenter un nouveau master dans les études théâtrales à la Sorbonne Nouvelle (Paris III).Spectateur enthousiaste, curieux et critique, il s’intéresse particulièrement à la mise en scène contemporaine européenne (Warlikowski, Ostermeier…), au théâtre classique et contemporain, au jeu de l’acteur. Il a fait de la musique (pratique le violon) et du théâtre amateur. Ses goûts le portent vers la littérature, l’opéra, et l’Italie.

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