Théâtre
[Live report] Mauro Gioia et son rêve américain

[Live report] Mauro Gioia et son rêve américain

08 décembre 2014 | PAR Amelie Blaustein Niddam

Irina Brook est à la tête du Centre Dramatique National Nice Côte D’Azur depuis le début de la saison et elle a su imposer sa marque tout en douceur. Cela commence avec un festival, l’éMOI en scène qui se tient jusqu’au 14 décembre. Le chanteur et comédien Napolitain Mauro Gioia a fait une pause dans son road trip pour amener durant quelques jours un peu de Little Italy dans la ville qui fut italienne jusqu’au XIXe siècle. Lostland a fait escale à Nice, et y aura laissé l’empreinte de l’émotion.

Lostland c’est d’abord un album, sur-lequel interviennent Mauro Gioia, Mark Plati,Lisa Germano, Jack Petruzzelli, Earl Slick et Jerry Marotta, tous ont travaillé avec les plus grands (Earl Slick a joué pour David Bowie, Jerry Marrota avec Peter Gabriel…). C’est surtout une histoire de famille. Petit, Mauro est bercé par les récits de l’oncle d’Amérique, celui qui est parti et qui n’est revenu qu’une fois, la veste parée de boutons dorés. Le mythe était né. Que sont devenus ces artistes nés à Naples ou juste autour dans la région. Qu’ont-ils gardé, devenus américains de leurs racines. Les ont-ils bafouées ou au contraire exaltées ?

C’est cela que ce concert-spectacle vient raconter. Dans sa tournée européenne, ils sont cinq sur scène. Au récit, Mauro Gioia, Mark Plati à la guitare et à la basse, Lisa Germano au violon (et à la voix), Jack Petruzzelli au piano et aux guitares et Mark Kerr à la batterie et aux percussions.

Nous entrons dans ce voyage qui va de Naples à Brooklyn, de Naples au studio d’enregistrement de Lostland. En anglais ou en italien les titres s’enchaînent reliés par le récit de voyage de Mauro tout le temps ponctué de la crainte de l’oubli. « Il y a un temps pour grandir, il y a un temps pour tomber ». La perte de son identité pour ce monde où dans les villages il est dit que « la terre est plate comme une pizza ». Le son est rock, la voix est puissante, éraillée dans la veine napolitaine qui offre des tessitures proches de l’Opéra.

On se balade, on s’arrête bourrés, clodos sur un banc saisis par les fantômes ou les « illusions ». Les générations perdues reviennent hanter la musique de Mauro qui en perd sa voix. Lisa Germano vient à son secours, avec douceur, celle qui a joué avec Iggy Pop amène ici un supplément d’âme qui laisse planer un silence d’ange dans la salle conquise.

« Just Believe » nous conseille-t-il, lançant des Allelouia les bras ouverts. Il faut dire que l’amour a tapé à la porte. La vie sera possible dans ce pays d’abondance. Lostland agit comme une cérémonie d’hommage à la culture italienne, à tous ceux qui sont nés dans ce pays, à tous ceux qui ont quitté leur pays. L’histoire devient universelle, quitte les villages napolitains pour être celle de tous ceux qui emmènent dans leurs exils, désirés ou forcés, la mémoire blessée de leur départ.

 

Le Festival d’éMOI en scène se prolonge jusqu’au 14 décembre. Du 9 au 11, Eugénie Rebetez proposera Encore puis en clôture, Franck Krawczyk contera Rejouer. 

Visuel : ©Lostland The movie

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Amelie Blaustein Niddam
C'est après avoir étudié le management interculturel à Sciences-Po Aix-en-Provence, et obtenu le titre de Docteur en Histoire, qu'Amélie s'est engagée au service du spectacle vivant contemporain d'abord comme chargée de diffusion puis aujourd'hui comme journaliste ( carte de presse 116715) et rédactrice en chef adjointe auprès de Toute La Culture. Son terrain de jeu est centré sur le théâtre, la danse et la performance. [email protected]

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