Théâtre
L’humour ad (Virginie) Hocq

L’humour ad (Virginie) Hocq

20 avril 2011 | PAR Geraldine Lance

Virginie Hocq est une des meilleures comiques de sa génération. Pétillante, incisive, caustique, cette belge de 36 ans est tout à la fois un documentaire animalier de la BBC, une interprète de très très haute volée, une maîtresse d’école très atypique. De retour au Petit Montparnasse avec son one-woman-show « Pas d’inquiétude… », elle nous propose un voyage dans des situations de la vie quotidienne pas tout à fait comme les autres.Grâce son immense talent et son énergie, elle nous séduit et nous offre près de deux heures de rires.

Le spectacle débute sur une belle entrée assumée, à coup de déhanchés endiablés sur fond de Beyoncé et de décor de music-hall éclairé. Le spectateur est immédiatement séduit par les jeux de jambes de cette grande tige de 1m80. Avec son humour belge délicat mais efficace, elle enchaîne par une adresse au public où se mêlent vraies-fausses confidences de traqueuse. Elle veut nous faire croire qu’elle a la pétoche d’être sur scène, un état qu’elle appelle la gerboulade et qu’elle nous promet de ressentir nous aussi. Et hop la voilà dans les gradins à nous regarder dans le fond des yeux. Un lien privilégié se tisse alors avec le public et qui ne se dénouera qu’à la fin de son spectacle;

Cette diva du burlesque ne recule devant rien, et sa puissance gestuelle atteint dans ce one woman show des sommets de maîtrise. Virginie passe d’un personnage à l’autre avec un talent inouï. Il faut la voir prendre le panier de la ménagère consciencieuse pour appliquer à la lettre la préconisation de consommer 5 fruits et légumes différents par jour. Acheter en une fois le nécessaire pour une famille de quatre personnes pour une semaine vous demande de trouver 140 pièces. Le pauvre marchand devient fou pour satisfaire une cliente qui, régulièrement, ordonne vous pouvez tout enlever, avant de dicter une nouvelle commande.

Elle change de registre et d’accent avec une facilité déconcertante, nous servant un savoureux remake de Boucle d’Or évoluant entre un lapin qui peint, un coucou qui coud, un mouton qui tond. Les enchaînements se font via d’astucieux enregistrements sonores, qui tentent de relier le tout malgré des dissonances de style et de tonalité. On passe ainsi sans préavis de l’humour ultra- noir à l’émotion, du sketch tarte à la crème avec échange épistolaire à l’inventivité totale dans le lâcher-prise corporel. Mais, malgré une écriture en dents de scie, le talent d’interprète de Virginie Hocq irradie.

il est vrai qu’elle est autant à l’aise pour mimer le comportement des singes bonobos et nous faire saisir la différence entre la démarche du manchot et celle du pingouin. La fin de chaque numéro est ponctuée musicalement avec originalité. On n’imagine pas un instant qu’elle va choisir l’un d’entre nous pour lui donner la réplique. Mais si, et cela se passe très bien. Pas d’inquiétude !

« Pas d’inquiétude » de Virginie Hocq, Marie-Paule Kumps, Jérôme de Warzée et Marc Donnet-Monay, mise en scène de Marie-Paul Kumps, durée : 1h25

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Geraldine Lance

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