Théâtre

Les rêves de Margaret s’essouflent au théâtre de la Ville

Les rêves de Margaret s’essouflent au théâtre de la Ville

01 mars 2011 | PAR Amelie Blaustein Niddam

Philippe Minyana investit le théâtre des Abbesses du 28 février au 19 mars avec un programme riche de cinq textes inédits réunis sous le titre « Epopées de l’intime ». Ces pièces sont mises en scène par 4 metteurs en scène et jouées par un ensemble d’acteur. Les rêves de Margaret signés par Florence Giorgetti ont hier ouvert un bal en demi-teinte. Du pur génie mélangé à des coupures de rythme.

Dans une interview donnée au journal La Terrasse Philippe Minyana explique: « Mes pièces se composent de bribes de réel, d’un réel discontinu, d’un réel par effraction. Pour moi, ce qu’il y a de plus réel dans l’écriture, ce sont les évocations que produit l’assemblage des mots. » Les rêves de Margaret en sont un bel exemple. Nous basculons dans l’univers de Margaret (Florence Giogetti), matelassière, habitant un appartement bruyant de province à la vue sordide. Dans sa tête passent un lapin, un homme ours, un jeune garçon qui plane pas mal, deux enfants dans une forêt, deux dames et un homme qu’elle appelle « papa  » qui vit au grenier. Dans ce mix de réel et d’ailleurs, les paroles rigolotes sont chantées agréablement pour donner encore plus de distance à l’action sur le plateau.

Dans l’appartement à la fois magasin, les amis et voisins de Margaret passent leur temps à débarquer, s’installer. Tous un peu exclus, ils constituent une belle brochette de gens en décalage avec la société. L’une dort dans sa voiture, l’autre idolâtre une poule, une femme passe, regarde avec insistance mais ne dit rien. Dans cette pièce dont le nom complet est  » les rêves de Margaret, Sous les arbres de l’amour», l’ambiance est rarement bucolique. La poule est mangée vivante et les enfants sont violés dans les bois.

Sur scène, un décor fonctionne comme un rêve, par tranches, en tiroirs, un rideau dévoile des paysages, une rue, une forêt. Les comédiens, tous merveilleux, enchainent les rôles délirants. Nicolas Maury survole la scène avec un jeu glissant parfois vers la danse dans une gestuelle qu’il maitrise pleinement, celui de l’égarement, entre humour et provocation. Mais, si les comédiens sont formidables, ils n’ont pas l’espace pour diversifier leur jeu offrant une prestation amusante et étonnante au point de départ pour finir redondante. Cet effet de lassitude provient de la succession de scènes plutôt répétitives, qui deviennent attendues.

Les rêves de Margaret est un bijou d’absurdité, où les comédiens excellent et où le décor fonctionne. Le sentiment d’être ailleurs, sans notion de réalité est bien exécuté. Et pourtant, la pièce manque cruellement de rythme et finit par lasser. L’effet de fin, qui aurait dû fonctionner comme un réveil en pleine nuit lors d’un rêve ou d’un cauchemar arrive sans surprise et sans éclat.

Dommage.

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Amelie Blaustein Niddam
C'est après avoir étudié le management interculturel à Sciences-Po Aix-en-Provence, et obtenu le titre de Docteur en Histoire, qu'Amélie s'est engagée au service du spectacle vivant contemporain d'abord comme chargée de diffusion puis aujourd'hui comme journaliste ( carte de presse 116715) et rédactrice en chef adjointe auprès de Toute La Culture. Son terrain de jeu est centré sur le théâtre, la danse et la performance. [email protected]

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