Théâtre
Les Demi-Frères enchantent l’Archipel

Les Demi-Frères enchantent l’Archipel

01 décembre 2014 | PAR Fanny Bernardon

Après le succès du « Vian dans mon crâne », les Demi-Frères remontent sur les planches dans un spectacle dédié à l’iconique Claude Nougaro. Laurent Conoir et Medhi Bourayou entonnent joyeusement les plus grands airs et les plus beaux textes de l’amoureux de la ville rose dans une mise en scène de Renaud Maurin.

Ensemble, les trois compères ont déjà rendu hommage à Boris Vian et Jacques Brel ; ils reviennent cette année dans une mise en scène pleine d’humour et de poésie, nous dessinant un portrait souriant du chanteur français. Laurent Conoir et Medhi Bourayou se partagent la petite scène de la Salle Rouge et donnent vie à  des tableaux qui retracent l’oeuvre de Claude Nougaro. En somme, une véritable excursion sur le mont nougaresque. Le versant de la pente que nous allons gravir est jalonné de chapitres privés et professionnels de celui dont le premier « la » a été donné derrière le micro du Lapin Agile. De l’humour à la nostalgie, notre voyage se fait en chansons, bien sûr.

A la voix, Laurent Conoir. Son timbre chaud, léger et amusé, qui swing bien volontiers, rappelle étonnamment celui de Mr Nougaro. Les « r » ne sont pas roulés mais on y est presque ! En jazzman fumant, en prêtre peu sérieux, en femme de joie avinée, en marseillais moqueur à la blague facile, Laurent Conoir endosse rapidement rôles et costumes, interprétant avec humour, dans la tradition du music-hall, les airs de Claude Nougaro.

Medhi Bourayou, notre guide pour la soirée, manie le jeu de mots, la voix et les touches de son piano avec une époustouflante agilité. Retraçant l’arbre généalogique et artistique de Nougaro, il nous invite à cheminer des racines jusqu’aux multiples inspirations du chanteur toulousain.

Nous nous souvenons tout particulièrement de l’émouvante interprétation de « Cécile, ma fille ». Plongée dans l’obscurité de cette nuit parisienne, le projecteur ne se concentre que sur Medhi Bourayou, sa voix et son doigté habile jonglant de l’ébène à l’ivoire. Les mots de Nougaro se rappellent à nous avec émotion tandis que la mise en scène contrebalance cet instant émouvant. Du corps du piano accouche un minuscule autre piano. Les traits d’humour, dans ce spectacle, sont à l’image de celui-ci, délicats et poétiques.

Cécile, sa fille, le jazz et la java, tu verras, amen…les spectateurs, amoureux, enivrés par cette initiation musicale chantonnent bien volontiers quand ils ne rient pas des mises en scène désopilantes et imaginatives.

Les Demi-Frères ne sont pas que des clowns, pères de nos rires, ils sont aussi deux conteurs, deux peintres, deux interprètes mais surtouts deux artistes qui prêtent leurs talents à la mémoire d’un grand, d’un éternel de la chanson française. Sur les visages de ces deux compères se lit la modestie et le plaisir immense d’avoir réjoui la petite salle de l’Archipel de leurs prouesses théâtrales et musicales, mais aussi et surtout du répertoire de Claude.

Visuel à la Une et visuels : @ Les DEMI-FRERES / © Les Forges, espace culturel

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