Théâtre
« Le triomphe de l’amour » de Marivaux vu par Galin Stoev

« Le triomphe de l’amour » de Marivaux vu par Galin Stoev

14 octobre 2013 | PAR Mélanie Taverny

Le-Triomphe-de-l-amour

C’est dans la grande salle du Théâtre Gérard Philipe récemment remise à neuf, toute de bois vêtue, que le public s’est rendu nombreux à la représentation de ce Triomphe de l’amour. Visitée et revisitée, le metteur en scène Galin Stoev nous présente la pièce de Marivaux, «Le triomphe de l’amour » affirmant clairement sa patte et ses influences faisant évoluer ses comédiens dans un espace où classicisme et modernité sont mêlés.

Noir sur scène, l’absence de rideaux rouges laisse entrevoir le décor qui occupe toute la scène… Galin Stoev a remarquablement créé un espace entre le classicisme des codes et une modernité contemporaine. Cette comédie classique de Marivaux s’articule autour d’une jeune princesse Léonide (Nicolas Maury), qui se travestit avec sa servante, Corinne (Yann Lheureux) pour pouvoir s’infiltrer dans la demeure où habite l’homme qu’elle aime : Agis (Pierre Moure). Le metteur en scène respecte les codes classiques des trois unités dans un même décor : la bibliothèque du philosophe Hermocrate (François Clavier) chez qui se déroule l’action. Monumentale et intrigante, cette bibliothèque intimiste sert d’appui et donne une certaine dynamique à la pièce car elle est à la fois décor et accessoire autour desquels les acteurs jouent entre sièges, cachettes, projectiles ou exutoires. Les livres qui servent de pivot sont placés au cœur de la pièce.

On note l’absence de femmes sur scène. Les hommes qui jouent les femmes ajoutent un coté comique à la pièce (même si ces dernières sont censées être travesties). Enfin, le jardinier du philosophe, Dimas (Laurent Caron) correspond à l’archétype classique du personnage sot et fourbe aveuglé par sa curiosité et par l’argent. Comique, il surjoue par des intonations paysannes en «oi» ou en «ouin» qui procurent un effet positif sur le public sous des rires prononcés.

Inattendue, la place laissée à la modernité surprend agréablement le public. Le personnage d’Arlequin (Julien Alembik), s’illustre par une fourberie avérée  autour d’une attitude  et d’un déguisement qui correspondent à des codes contemporains. La première scène qui s’ouvre sur Léonide sous le masque de Phocion et Corinne sa suivante, sous le masque d’Hermidas donne le ton. Léonide se sert d’un micro pour mettre paradoxalement le public dans la confidence. Cette pratique novatrice vient ajouter un comique de situation. Galin Stoev joue aussi sur de nouveaux comiques illustrés par les vêtements et les attitudes de ses acteurs. Au dernier acte, Léontine( Airy Routier), sœur du philosophe Hérmocrate (joué par un homme) apparaît sur scène d’une coiffure ébouriffée, lunettes de soleil avec une robe bustier laissant entrevoir ses tétons.

Parfois osée, sa mise en scène révèle par une modernité évidente d’autres aspects de la comédie classique de Marivaux. Les deux heures de la pièce ne se font pas ressentir sous les rires prononcés du public. Transportés par un décor prenant et des acteurs denses, hauts en couleurs, on vous invite à venir passer un bon moment le temps d’une pièce.

Du lundi au vendredi à 20h, le samedi à 18h et le dimanche à 16h, relâche le mardi.

Visuel : (c) Affiche de la pièce

Infos pratiques

Association Arsène
Studio Théâtre (STS)
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