Théâtre
« Le suicidé » installe la dérision à la carrière Boulbon

« Le suicidé » installe la dérision à la carrière Boulbon

07 juillet 2011 | PAR Amelie Blaustein Niddam

La carrière Boulbon a ouvert le bal des grands spectacles. Lieu mythique et magique du festival, Vincent Baudriller souligne régulièrement que les murs de la falaise sont aussi hauts que ceux de la cour d’honneur. C’est dans ce décor impressionnant que s’est tenu ce soir la première d’une création, cela est agréable à souligner, Patrick Pineau joue et met en scène « Le suicidé » de Nicolaï Erdman. La pièce n’a jamais pu être montrée de son vivant, étant immédiatement censurée car elle égratigne avec acidité le régime communiste.

Le suicidé traite du célèbre effet papillon, qui, sous l’ère stalinienne peut prendre des aspects tragiques. Une nuit, un homme se réveille avec une soudaine envie de foie haché, sa femme refuse, Sémione menace de disparaitre… pour aller chercher le met désiré, mais elle, pense qu’il va se suicider. Elle affole le voisin, puis le village. Ce petit monde trouve rapidement que la mort de ce chômeur de longue date ne serait finalement pas une mauvaise idée!

Le spectacle vaut par le jeu formidable des comédiens, Anne Alvaro en belle-mère envahissante, Patrick Pineau en chômeur hilarant, Hérvé Briaux en défenseur de l’intelligencia ou encore Laurence Cordier en délicieuse Cleopatra, offrent au public de sérieux éclats de rire face aux situations de plus en plus kafakaienes. Ils sont portés dans leur farce par le décor composé de petites maisons qui s’ouvrent dans tous les sens, se bougent, se retournent.

En revanche, le spectacle pêche par sa longueur excessive, prés de 3 heures, et mérite sérieusement à être resserré pour gagner en dynamisme. Autre regret, la scénographie n’utilise pas le décor naturel de la carrière. Il n’empêche que l’on sort du Suicidé avec une impression de fresque à l’image de Peer Gynt, monté par le même metteur en scène en 2004 dans la cour d’honneur.

Crédit photo :  © Christophe Raynaud de Lage / Festival d’Avignon

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Amelie Blaustein Niddam
C'est après avoir étudié le management interculturel à Sciences-Po Aix-en-Provence, et obtenu le titre de Docteur en Histoire, qu'Amélie s'est engagée au service du spectacle vivant contemporain d'abord comme chargée de diffusion puis aujourd'hui comme journaliste ( carte de presse 116715) et rédactrice en chef adjointe auprès de Toute La Culture. Son terrain de jeu est centré sur le théâtre, la danse et la performance. [email protected]

5 thoughts on “« Le suicidé » installe la dérision à la carrière Boulbon”

Commentaire(s)

  • Thomas sandrine

    Si cela(je) vous intéresse, nous pourrions y aller ensemble avec un rdv à 17h sur Valence.La pièce a lieu à 22 heures. Vous pouvez me confirmer sur mon portable au 0674442996. Sandrine Thomas

    juillet 8, 2011 at 9 h 03 min
  • Pour mieux connaître Erdman

    Nikolaï Erdman / Angelina Stepanova, un amour en exil
    Correspondance inédite 33-35, adaptation de Lara Suyeux, trad. Evy Vartazarmian

    vient de paraître chez TriArtis
    et a été mis en lecture au Festival de la Correspondance de Grignan 2011.

    juillet 17, 2011 at 11 h 13 min

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