Théâtre
Le Pavillon des pivoines au Théâtre du Châtelet : une occasion rare de découvrir le théâtre Kunku

Le Pavillon des pivoines au Théâtre du Châtelet : une occasion rare de découvrir le théâtre Kunku

13 février 2013 | PAR Sandra Bernard

Tamasaburo Bandô continue d’enchanter le Théâtre du Châtelet. Après les raffinements de la danse kabuki traditionnelle dans Jiuta, nous voici transportés au cœur de la Chine impériale avec Le pavillon des pivoines. Ce chef d’œuvre du théâtre Kunku très populaire en Chine entre le XVIe et le XIXe siècle se caractérise par son mélange de rêve et de réalité et ses textes très travaillés d’un haut niveau littéraire. Il s’agit là d’une grande première européenne.


La représentation du Châtelet, mise en scène et portée par Tamasaburo Bandô propose neuf tableaux retraçant la trame principale de cette intrigue où une jeune fille de bonne famille, Du Liniang, tombe amoureuse en songe du jeune bachelier Lui Mengmei. Cet amour la consume si bien quelle finit par en mourir. Mais ce n’est point la fin de l’histoire car ici le fantastique n’est jamais loin. Après un passage devant le juge des enfers, elle retourne sur terre sous forme de fantôme pour retrouver son bien aimé avant un happy end.

Si l’intrigue est un petit peu longue à se mettre en place, dès le troisième tableau la pièce trouve son rythme. Chants, danses et déclamations s’enchainent. Les changements de plateaux, rapides et discrets ne perturbent pas l’implication du spectateur dans la pièce. Les passages du Jugement aux enfers et le Retour à la vie sont particulièrement prenants et éblouissants.

Malgré les 3h10 min de spectacle, l’on ne voit pas le temps passer, le seul regret concerne l’accès au public européen à ce registre qualifié de hautement littéraire, ce que l’on ne peut ressentir qu’imparfaitement dans les sous- titres. Les décors et les beaux costumes aux couleurs chatoyantes évoquent parfaitement la lointaine époque de la dynastie des Song du Sud (1127-1279) dans laquelle se déroule l’histoire de cet amour parfait.

Voir le Pavillon des pivoines au théâtre du Châtelet est une occasion rare de découvrir en France le théâtre Kunku. Proclamé Patrimoine mondial culturel en 2001 par l’Unesco, six siècles après son apparition, il retrouve peut à peu de la superbe d’antan. Ces œuvres, très prisées par la cour, les intellectuels et plus généralement les citadins chinois des XVIe-XIXe siècles sont remarquables par leurs sujets et leur langage très poétique accompagnés d’une musique gracieuse typique du Kunshan.

Visuels : © Takashi Okamoto

Gagnez 5×2 places pour la DSL Release Party au Régine le 21 février
[Critique] La femme du ferrailleur, l’histoire vraie, bouleversante, d’une famille rom en Bosnie par Danis Tanovic
Sandra Bernard
A étudié à l'Université Paris Ouest Nanterre la Défense l'Histoire et l'Histoire de l'Art. Après deux licences dans ces deux disciplines et un master recherche d'histoire médiévale spécialité histoire de l'Art dont le sujet s'intitulait "La représentation du costume dans la peinture française ayant pour sujet le haut Moyen Âge" Sandra a intégré un master professionnel d'histoire de l'Art : Médiation culturelle, Patrimoine et Numérique et terminé un mémoire sur "Les politiques culturelles communales actuelles en Île-de-France pour la mise en valeur du patrimoine bâti historique : le cas des communes de Sucy-en-Brie et de Saint-Denis". Ses centres d'intérêts sont multiples : culture asiatique (sous presque toutes ses formes), Histoire, Histoire de l'Art, l'art en général, les nouveaux médias, l'art des jardins et aussi la mode et la beauté. Contact : sandra[at]toutelaculture.com

Publier un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *