Théâtre
Le Marigny en passe de devenir un théâtre de boulevard ?

Le Marigny en passe de devenir un théâtre de boulevard ?

18 janvier 2011 | PAR Amelie Blaustein Niddam

L’affaire remue le monde du théâtre. En Mars, la Ville de Paris, propriétaire des murs du Théâtre du Marigny devra choisir entre deux candidats pour reprendre la concession du lieu. D’un côté, François Pinault actuel bailleur depuis 2000, qui a confié la direction artistique à Pierre Lescure en 2008. De l’autre, l’ancien footballeur devenu entrepreneur et homme d’affaire Jean-Manuel Bajen, actuel directeur du Théâtre des Variétés.

Le Monde et le Figaro rapportent des propos de Jean-Michel Bajen : « J’ai des signes positifs. Pour la mairie (de Paris ndlr), la priorité n’est pas l’artistique, la priorité, c’est la rénovation et l’équilibre financier. »

La Mairie de Paris aurait jeté l’artistique ? Étonnant à l’heure où José Manuel Gonçalvès à la tête du 104 offre une programmation théâtrale en lien avec le Théâtre du Rond-Point et le théâtre de la Cité Internationale. Étonnant, au regard de la programmation du théâtre de la Ville , où Demarcy-Motta enchaine les spectacles monuments, tel ce mois Chéreau en train de s’achever.

Dans le cas du Marigny, l’argent serait maître du jeu. Et pourtant, Pierre Lescure a redonné une image de marque au théâtre, tout en restant très grand public. Si il y a eu des erreurs monstrueuses, on se souvient avec horreur du terrifiant Donneur de Bain, de nombreuses pièces ont rattrapé l’erreur : l’Amant magnifiquement mis en scène par Didier Long, ou le beau Cabinet Terezin à partir de chansons nées dans un camp nazi. En mai, Le circacien James Thierrée reprendra « Au revoir Parapluie »
Jean Manuel Bajen déclarait dans le Monde daté du 18 janvier « « Faire des affaires, c’est séduire ; je suis un bon comédien. » Il ajoute : « Je ne suis pas du sérail, on me l’a fait sentir, mais je me suis fait accepter. »

L’homme assume son gout pour le théâtre de Boulevard. A la tête du théâtre des Variétés il n’a eu de cesse de proposer des pièces faciles à grand succès comme Secret de famille avec Michel Sardou ou Avis de tempête avec Roland Giraud et Véronique Jannot . Dans le Monde, Bajen se veut rassurant en indiquant «. Il y aura plus de réflexion qu’aux Variétés ».

Mais, la Mairie de Paris semble assumer des critères de choix plus financiers qu’artistiques. En effet, dans le courant du mois de février, elle accordera une concession de 60 ans en échange de 5 millions d’euros de travaux effectués dans les lieux.

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Amelie Blaustein Niddam
C'est après avoir étudié le management interculturel à Sciences-Po Aix-en-Provence, et obtenu le titre de Docteur en Histoire, qu'Amélie s'est engagée au service du spectacle vivant contemporain d'abord comme chargée de diffusion puis aujourd'hui comme journaliste ( carte de presse 116715) et rédactrice en chef adjointe auprès de Toute La Culture. Son terrain de jeu est centré sur le théâtre, la danse et la performance. [email protected]

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