Théâtre

Le malin plaisir : une tragicomédie familiale grinçante de David Hare à l’Essaïon (le 23 octobre 2011)

18 octobre 2011 | PAR Yaël Hirsch

Après un premier tour de piste cet été, la Cie de l’Heure Egale investit à nouveau le Théâtre Essaïon avec « Le malin plaisir » de David Hare. la deuxième et dernière date de cet automne est le dimanche 23 octobre. Vous pouvez encore gagner vos places en jouant à notre jeu-concours.

Leur père vient de mourir, la douce Isabelle (Marine Mandrila) et la carrier woman Marion (Clara Girard-London),  se retrouvent dans la chambre du défunt, à la campagne. Marion n’a pas eu le courage d’assister aux derniers instants de son père. Elle se sent coupable et en devient agressive. Heureusement, son mari est la pour la soutenir. Le dernier amour de leur papa, la jeune Catherine (excellente Fleur-Anne Ruchmann) est très perdue, très vulgaire et également très portée sur l’alcool. Isabelle va devoir la ramener à Londres avec elle et lui offrir un emploi. Cette nouvelle venue aux méthodes pas très orthodoxe met en péril son couple, puisqu’elle travaille avec son compagnon. Dernier rebondissement : le mari de marion propose d’investir dans la boîte d’Isabelle pour qu’elle se développe. Mais la jeune-femme peut-elle vraiment développer encore une activité bien rôdée?

Tragi-comédie grinçante sur l’Angleterre des années 1980, le « Malin Plaisir » tourne autour de la personnalité aussi mystérieuse que généreuse du personnage d’Isabelle. Dans l’univers impitoyable que représentent chacun à leur manière Marion et Catherine, seul le profit compte. Difficile de mettre ce texte brillant en scène après Jacques Lassale à l’Atlier. Et pourtant, faisant avec les moyens du bord, avec le talents de ses comédiens et en proposant une version très sobre de la pièce, Giorgio Alessi-Mansour remplit parfaitement le contrat qui consiste à mettre les répliques de David Hare en valeur. Les pierres authentiques de l’Essaïon suggèrent une  vieille maison de campagne britanniques, quelques meubles design un bureau de ministère ou de graphiste. Et quelques notes de Philip Glass ou d’opéra viennent tour à tour rehausser l’ironie de la pièce, entre chaque scène. Surtout, la circularité de cette ronde aussi humaine qu’inhumaine est respectée : tout fini là où on a commencé. Un peu plus, seul, c’est tout.

L’heure égale : Les comédiens de L’Heure Egale se sont rencontrés en étudiant la communication, il y a cinq ou six ans. La troupe, composée d’amateurs investis, s’attache à défendre et promouvoir un théâtre exigeant, curieux et intemporel, qui traque dans l’humain et sa complexité, le fil rouge insécable du temps qui passe.

« Le Malin plaisir », de David Hare, mise en scène : Giorgio Alessi-Mansour, avec Clara Girard-London, Louis-Antoine Grasset, Vianney Manac’h, Marine Mandrila, Laure Roldès, Fleur-Anne Ruchmann.

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Yaël Hirsch
Co-responsable de la rédaction, Yaël est journaliste (carte de presse n° 116976), docteure en sciences-politiques, chargée de cours à Sciences-Po Paris dont elle est diplômée et titulaire d’un DEA en littérature comparée à la Sorbonne. Elle écrit dans toutes les rubriques, avec un fort accent sur les livres et les expositions. Contact : [email protected]

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