Théâtre

Le Festival de Ramatuelle amène la « Machine de Turing » sur la Riviera

Le Festival de Ramatuelle amène la « Machine de Turing » sur la Riviera

06 août 2019 | PAR Yaël Hirsch

La pièce de Benoît Solès donnée au OFF d’Avignon et au Théâtre Michel (lire notre article) part en tournée après avoir décroché quatre Molières. Entre Marc Lavoine et Gérard Depardieu, et juste avant Zazie, le Festival de Ramatuelle permettait au public de la côte d’Azur de découvrir cette oeuvre rythmée et incarnée qui revient sur l’inventeur britannique de notre ordinateur. 

Le soleil rougeoie et le public d’habitués vient une petite heure avant le spectacle boire une coupe de champagne au bord du Théâtre en plein air de Ramatuelle. Les coussins rouges attendent les spectateurs et le décor est déjà planté : une table, une chaise, une bibliothèque et un tableau noir de professeur génial. 

La nuit tombe et Michel Boujenah, directeur artistique du festival vient remercier les sponsors et la Présidente, Jacqueline Franjou, de lui avoir fait connaître la pièce de Benoît Solès : La Machine de Turing. Il nous séduit, nous fait rire et nous « embrasse » comme des amis à la fin de sa jolie présentation. 

La pièce commence auprès d’un public attentif et très concentré. Benoît Solès est en scène, habillé en savant fou, le pied droit rentré vers le pied gauche, le bégaiement vif. Il incarne Alan Turing, mathématicien et cryptologue anglais recruté pendant la Seconde Guerre mondiale pour infiltrer « Enigma », le code secret des nazis, qui se reboote chaque soir à minuit. La pièce commence après les faits, en 1952, où le mathématicien est limogé à Manchester, avec pour consigne de ne pas parler de ses activités pendant la Guerre. Une aventure avec un serveur le mène au commissariat puis devant la Justice anglaise, la même qui avait envoyé Oscar Wilde à Reading. 

Avec une belle maîtrise de la structure et des flash-backs, extrêmement bien rythmée et visuellement superbe avec une projection dans la bibliothèque qui nous enveloppe dès les premiers instants, La Machine de Turing amène au public un sujet et une personnalité absolument fascinants. L’interprétation de Benoît Solès, tout entier attaché à son personnage, ainsi que les multiples rôles endossés par Eric Pucheu (le policier, le champion d’échec en charge de la mission Enigma et l’amant sorti d’un film de Fassbinder) font de cette pièce un vrai challenge pour les acteurs et un bonheur pour le public. On ne voit pas le temps passer et l’on nous fait découvrir une page cruciale de science et d’éthique avec beaucoup de générosité. Il était bien normal que le public conquis, suive la coutume et envoie ses coussins sur la scène pour saluer l’oeuvre et ses acteurs. 

La Machine de Turing, de Benoît Soles, Mise en scène : Tristan Petitgirard, avec Benoît Soles et Eric Pucheu, en tournée en France en 2019-20. 

visuels : YH

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Yaël Hirsch
Co-responsable de la rédaction, Yaël est journaliste (carte de presse n° 116976), docteure en sciences-politiques, chargée de cours à Sciences-Po Paris dont elle est diplômée et titulaire d’un DEA en littérature comparée à la Sorbonne. Elle écrit dans toutes les rubriques, avec un fort accent sur les livres et les expositions. Contact : [email protected]

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