Théâtre
Le Cri de la pomme de terre du Connecticut, un éclat de rire au Rond Point

Le Cri de la pomme de terre du Connecticut, un éclat de rire au Rond Point

11 octobre 2019 | PAR melanietlmt


Un seul en scène de Patrick Robine, dont la signification du titre ne viendra qu’à la toute fin de la représentation, comme pour vous remercier d’avoir tant ri et rêvé avec son auteur.

Le théâtre du Rond Point n’en finira jamais de nous surprendre. Que ce soit en imitant un œuf au plat ou en mimant un couple de pêcheurs près d’un lac, l’unique personnage de ce Cri, aussi loufoque que loquace, nous entraîne aux frontières du réel. Et lorsqu’il nous emmène avec lui en Afrique en compagnie d’un élan adopté nommé Ramuntcho -comme ce roman de Pierre Loti sur une histoire d’amour au pays basque- ou bien nous fait visiter la maison de son enfance, Robine nous surprend et nous émerveille encore et toujours. En une heure sur scène, Patrick (de son vrai prénom), auteur et interprète de cet incroyable texte tout en jeux de mots, nous embarque dans une balade fantasque qui nous mène d’un bout à l’autre du monde.

« Naturaliste, grand interprète animalier, botaniste et imitateur forestier », se présente notre hôte de la soirée. L’occasion d’une ribambelle de facéties du langage toutes plus audacieuses les unes que les autres -mots d’esprit, calembours, charades- et que l’on s’amuse à cueillir comme autant de petits cèpes noirs durant une balade automnale dans la campagne. En parlant de cadre champêtre, Robine ne manquera pas de vous faire découvrir le paysage verdoyant du Canada, où se trouve sa maison d’enfance. Maison qui elle-même possède une cave où des bons vivants ripaillent d’autant de boustifaille que de calembours. Maison qui se trouvait dans l’armoire de sa tente, disparue depuis fort longtemps et retrouvée dans un cimetière de radeaux au gré des aventures de notre explorateur…

Après avoir saupoudré de merveilleux les salles du Théâtre du Rond-Point et enchanté son public quasiment sans discontinuer de 2003 à 2008 avec La Danse du séquoia, Le Naturaliste, Le Zootropiste ou encore La Ferme des Concombres, Patrick Robine revient après une longue pause. Break qui a visiblement profité à son extraordinaire imagination, tant ce Cri de la pomme de terre du Connecticut nous régale ! Si au début de la représentation, les spectateurs tentent tant bien que mal d’étouffer leurs rires, ce sont bientôt des éclats à peine maîtrisés qui emplissent la salle. D’autant que l’énergique comédien court d’un bout à l’autre de la scène, alterne grimaces et imitations d’objets ou de personnes, tente de nous flouer sur sa nature comique en débarquant de façon très sérieuse en kimono, alliant les talents du pitre à celui du magicien et du poète. On reprendrait bien un peu de cette pomme de terre pas comme les autres…

Le Cri de la pomme de terre du Connecticut, jusqu’au 30 octobre au Théâtre du Rond Point

Visuel : ©Stéphane Trapier

Au Théâtre de la Bastille, Timeau De Keyser et le collectif Tibaldus donnent de la voix au Mariage de Gombrowicz
L’exposition « Trésors de Banlieues » à Gennevilliers : une archéologie des temps modernes ?
melanietlmt

Publier un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *