Théâtre

Le chic parisien de Barbara Schulz

08 octobre 2010 | PAR Amelie Blaustein Niddam

Didier Long a mis en scène deux pièces phares de la rentrée , L’amant et la Parisienne. Le lien est évident entre les deux qui viennent traiter du trio amoureux femme-mari-amant. La comparaison s’arrête la. La Parisienne est surtout une pièce politique signé d’Henry Becque, un utopiste déçu des petit jeux de la petite bourgeoisie de la IIIe République.

Comme toujours chez Didier Long les décors sont soignés. Ici, il les a choisis rigides et hauts. Même le miroir ne reflète pas vraiment. Cette société est un carcan, très bien symbolisé par la robe sublime de Barbrara Schulz. Elle s’ennuie, s’amuse, virevolte entre son mari, un amant jaloux , et un autre amant. Il y a de l’argent dans cette maison, les fauteuils sont chics mais peu confortables et les lustres volumineux. En résumé…tout étouffe, et la belle Clotilde irait bien faire un tour…mais avec chic et sans esclandre bien sûr!

Même si le texte est très dense, les petites phrases drôles et assassines de cette femme joueuse et manipulatrice fusent , suscitant quelques éclats de rires bienvenus. Le jeu des comédiens est remarquable avec une mention très particulière à faire à l’habitué des scènes du théâtre public, l’excellent Jérôme Kircher qui avait, il y a longtemps déjà , marqué la cour d’honneur du Palais des Papes dans le rôle titre de Lorenzaccio. Barbara Schulz enchante en femme qui se voudrait indépendante.

Cette pièce signé d’un ami de Zola et Rodin vient apporter un regard cynique sur la IIIe République et ses contemporains. Après avoir mis tant d’espoir et d’attente dans l’Utopie, le régime en place est le terrain de petites manipulations bourgeoises pour accéder à un poste. La société est enfermée dans un monde ultra codifié où l’apparence règne. Becque étouffe et en fait une comédie qui retrouve les affections des metteurs en scène actuels. Didier Long s’en empare dans une version faussement classique, en témoigne le jeu décalé de Jérôme Kircher et la mise en scène contemporaine de Marignani actuellement en répétition.

La Parisienne, Théâtre Montparnasse, 31 rue de la Gaité, 75014 Paris, 0143227774, de 50 à 10 €. Du mardi au  samedi à 20H30, matinées  le samedi à 18H et le dimanche à 15h30.

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Amelie Blaustein Niddam
C'est après avoir étudié le management interculturel à Sciences-Po Aix-en-Provence, et obtenu le titre de Docteur en Histoire, qu'Amélie s'est engagée au service du spectacle vivant contemporain d'abord comme chargée de diffusion puis aujourd'hui comme journaliste ( carte de presse 116715) et rédactrice en chef adjointe auprès de Toute La Culture. Son terrain de jeu est centré sur le théâtre, la danse et la performance. [email protected]

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